Editos

La cinquième république, notre bien commun

En 1945, après la Libération, il fallait refaire les institutions de la France. La débâcle, l’armistice, Vichy avaient fait table rase. Allait-on revenir purement et simplement à la Constitution de 1875 ?
Celle-ci n’avait pas épargné à la France l’instabilité ministérielle, source de faiblesse du pouvoir. Elle avait laissé le pays affronter la guerre dans un état d’impréparation totale, malgré les avertissements répétés des meilleurs spécialistes, et notamment du colonel de Gaulle. La première question posée aux Français par le gouvernement de Gaulle, lors du référendum du 21 octobre 1945, fut donc : «Voulez-vous une constitution nouvelle ?» 96% des Français répondirent : oui. 4% seulement marquèrent leur attachement à l’ancienne constitution. La cause était entendue. Qui allait faire la nouvelle constitution ? Une assemblée souveraine, peut-être inexpérimentée, élue encore sous l’empire des passions qui agitaient le pays au lendemain de la Libération ?



Minc fait du Lefebvre : édifiant !

Invoquer la Shoah pour justifier les expulsions de Roms décrétées par le Président de la République, tel est l’artifice rhétorique auquel sera parvenu Alain Minc !

Rivalisant avec Frédéric Lefèbvre, l’essayiste est devenu le porte-flingue de Nicolas Sarkozy.

C’est une récidive : on se souvient de la bassesse avec laquelle le même avait l’an dernier envoyé une salve à François Bayrou ; il ne l’attaquait ni sur ses propos, ni sur ses actes, mais sur ce qu’il était : démocrate-chrétien, béarnais et fils de paysan : cela suffisait pour qu’il soit aux yeux d’Alain Minc suspect d’être un « Le Pen light » (sic) . Attaquer quelqu’un sur ce qu’il est et non ce qu’il dit ou fait, n’est ce pas une définition du racisme ?
D’autres ont traité Chevènement de pétainiste parce qu’il défendait l’indépendance nationale. Ne pas adhérer sans réserve à l’ultralibéralisme mondialiste, et c’est la réduction ad hitlerium. J’ai entendu une fois quelqu’un de la même mouvance, pas le plus inspiré il est vrai, dire que « quelque part De Gaulle était pétainiste »…
Après Bayrou, Alain Minc vise plus haut : il s’en prend cette fois au pape.



Il y a 66 ans, Paris, Paris outragé …

C’est la fin d’une terrible journée. A pied, fendant la foule, le général de Gaulle arrive à l’Hôtel de Ville où l’attendent Georges Bidault [photo : le Général avec Bidault] et André Tollet. Un moment d’émotion intense, d’unanimité vraie.

« Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos propres vies. Paris* ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France toute entière, de la France qui se bat, de la seule France … » [discours de Charles de Gaulle]

La voix est un peu voilée. La veille, à Rambouillet, de Gaulle aphone, avait fait venir un médecin. Mais les paroles martelées, les mots soulignés, prennent un sens particulier quand on sait que la capitale a bien failli être victime de la rigueur de la stratégie alliée.



La Cinquième République, notre meilleur atout pour réformer le capitalisme

Dimanche, un membre du bureau national du Parti Socialiste, Philippe Baumel, a plaidé pour l’instauration d’une Sixième République, seule solution, selon lui, à la crise que nous traversons. Et si, au contraire, cette Constitution était notre meilleur atout pour l’avenir ?
Un problème de pratique, pas de Constitution. Philippe Baumel n’y va pas par quatre chemins : pour lui, « la Ve République n’en finit plus de finir de la réduction du destin de la nation à une collection d’itinéraires individuels. L’étalage des ambitions individuelles égotistes, le flirt avec l’argent, l’appétit de notoriété, la passion pour le faire savoir et le mépris pour les savoir faire, l’étalage des signes extérieurs de réussite donnent à la fin de la Ve République un coté tragi-comique qui rappelle les derniers jours de Concini à la Cour de France ».



Si la vérité blesse, c’est la faute de la vérité(1)

Nicolas Sarkozy a voulu faire patte de velours, mais sa prestation télévisée du 12 juillet sur France 2 sonnait faux. Il promettait de parler des problèmes de la France et des Français, il a évoqué en longueur l’affaire Woerth et magnifié « sa République » qu’il juge irréprochable. Il ne m’a pas convaincu, ni sur l’affaire ou les affaires, ni sur « sa » république.
Cet entretien a néanmoins débouché sur un point que l’on peut considérer comme une avancée : le poste de trésorier de l’UMP du Ministre du travail. Mais attention ! Ce n’est pas une décision, simplement un conseil qu’Eric Woerth a rapidement entériné. Nicolas Sarkozy aurait dû aller bien plus loin. L’incompatibilité entre fonctions ministérielles et responsabilités au sein d’un parti politique devrait être la règle constitutionnelle intangible afin d’assurer un exécutif totalement indépendant des pressions partisanes et collectivement solidaire



« République Solidaire » veut incarner une « certaine idée de la France ».

J’y étais à la Halle Freyssinet. Avec plus de 6000 autres Français de tous horizons, des villes, des campagnes, des banlieues. Des jeunes, des retraités. De toutes les couleurs, de toutes confessions. Un souhait d’être ensemble autour de Dominique de Villepin pour la naissance d’un rassemblement : « République Solidaire ». Un nouveau parti parmi les autres pourront dire certains ; une manière d’aborder la politique, au-dessus des clivages traditionnels admettront la très grande majorité des présents après avoir entendu Dominique de Villepin. Son intervention est celle d’un homme d’Etat, construite autour de notre histoire, prenant en compte la réalité d’aujourd’hui et volontairement charpentée sur des principes républicains et gaullistes.



L’appel du 18 juin

Il y a 70 ans, l’appel du 18 juin 1940,
Charles de Gaulle entre dans l’Histoire.

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.



Combat contre le « libre échangisme »

« Le libéralisme ne saurait être un laisser faire », insiste Maurice Allais, 99 ans depuis mai dernier et seul Français Nobel d’économie (1988). Dans la livraison de mai de Réalités Industrielles, publiée avec le soutien de Bercy, l’économiste ouvre le bal d’un dossier consacré au diagnostic de la crise, avec un petit article décapant sur « Les causes véritables du chômage ».

Pour Maurice Allais, le chômage n’est pas essentiellement dû à des questions monétaires, même si celles-ci devraient « continuer de jouer un rôle néfaste grandissant », mais il pointe en premier lieu, les responsabilités d’un système global, celui né de  » la conséquence de la libéralisation inconsidérée du commerce international. »



Le clivage droite-gauche : une illusion qui a de l’avenir ?

Difficile pour un homme ou un mouvement politiques d’échapper à la sempiternelle question : « Êtes-vous de droite ou de gauche ? » Passage obligé de l’exercice médiatique, le port d’une de ces étiquettes nous est présenté comme déterminant quant au choix que les citoyens seront amenés à faire pour tel ou tel.
Pourtant, depuis trente ans, de nombreuses enquêtes ont montré qu’une proportion croissante de Français peine à distinguer droite et gauche. Bien plus encore, l’évolution de l’électorat, et surtout, son extrême volatilité, confirment qu’à l’heure du vote ces notions sont de plus en plus dépassées.
Pourtant, les apôtres de la bien-pensance persistent à vouloir cataloguer tous les acteurs de la scène politique selon une logique bipolaire



Le règne de la corbeille

En 1966, lors d’une conférence de presse, le Général de Gaulle avait affirmé que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Beaucoup de temps est passé et il est difficile de ne pas avoir l’impression que c’est bien désormais la corbeille qui dicte son agenda aux gouvernements.
1999 : après avoir garanti la stabilité du système financier étasunien pendant des décennies et l’avoir protégé des crises boursières, la corbeille demande l’abrogation du Glass Steagall Act, qui instaurait une stricte séparation entre banques d’affaires et banques de dépôts