9 novembre 1970, la France est en deuil : De Gaulle est mort

A Colombey, l’hommage du peuple de France.

12 novembre 1970 – Pour l’accompagner à sa dernière demeure, le général de Gaulle avait souhaité la présence à Colombey-les-Deux-Eglises « des hommes et des femmes de France et d’autres pays du monde ».  Vœu largement exaucé.

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« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée imminente et exceptionnelle. J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires.
S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur.. »
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre (Plon, 1954). 

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AFP –  10 novembre 1970 – 9h42 Le général de Gaulle est mort lundi soir à son domicile à 19h30. Le général de Gaulle est. mort.
 La France est veuve. En 1940, le général de Gaulle a sauvé l’honneur, il nous a conduit à la libération et à la victoire. En 1958, il nous a gagné la guerre civile. Il a donné à la France ses institutions, sa place dans le monde. En cette heure de deuil pour la patrie, inclinons-nous devant la douleur de Madame de Gaulle, de ses enfants et petits-enfants. Mesurons les devoirs que nous impose la reconnaissance. Promettons à la France de n’être pas indignes des leçons qui nous ont été dispensées, et que, dans l’âme nationale, de Gaulle vive éternellement. (G. Pompidou)
La politique sociale du Général
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12 novembre 1970 – Pour l’accompagner à sa dernière demeure, le général de Gaulle avait souhaité la présence à Colombey-les-Deux-Eglises « des hommes et des femmes de France et d’autres pays du monde ». Vœu largement exaucé. Rues bloquées arbres et toits pris d’assaut : lorsque l’engin blindé portant le cercueil du plus illustre des Français franchi la grille de la propriété des de Gaulle, ce sont plus de 80000 personnes qui se sont massées le long des quelques centaines de mètres de la petite route qui conduit de la Boisserie à l’église, ou agglutinées autour du cimetière. Au passage du cortège, hommes et femmes, jeunes et vieux, cèdent à l’émotion. Sanglots non retenus ou larmes silencieuses, saluts rigides ou maladroits, deux doigts levés en « V » de la victoire… L’hommage de cette multitude venue de tous les coins de France et de l’étranger, de tous les horizons sociaux, est d’une simplicité et d’une sincérité extraor-dinaires. A 15 heures précises, le half-track débouche devant l’église, suivi des voitures officielles où ont pris place Mme de Gaulle, la famille du Général et ses proches collaborateurs. En présence d’une haie d’honneur composée de détachements des trois armes, ainsi que de gendarmes et de saint-cyriens en grande tenue, c’est dans l’impressionnant silence d’une foule toute à son recueillement que le cercueil, chargé sur les épaules de douze jeunes de Colombey pénètre, suivi de la famille du disparu, dans la petite église où n’ont pu prendre place que 700 fidèles. 

Une émotion indicible

C’est grâce à des haut-parleurs disséminés dans le village que tous les autres vont suivre le déroulement de l’office concélébré par l’évêque de Langres, le curé de Colombey et un neveu du Général. Selon la volonté du défunt, c’est une messe chantée, sans représentant officiel, sans homélie ni oraison funèbre, mais l’émotion de l’assistance est indicible, notamment lorsque Mgr Atton demande quelques instants de silence. Pendant de longues minutes, on n’entendra pas un souffle, pas un sanglot. Mais on verra couler des larmes sur bien des visages.

Peu après 16h00, toujours porté par les jeunes, le cercueil franchit le porche du petit cimetière qui jouxte l’église. Il est aspergé d’eau bénite par Mme de Gaulle et la famille du Général, qui regagnent aussitôt la Boisserie, puis descendu dans le caveau par six conseillés municipaux de Colombey.

Commence alors le long défilé de ceux qui avaient suivi ou aimé de Gaulle. D’abord ses 350 compagnons de la Libération. Malraux en tête : Couve de Murville, Peyrefitte, Clostermann, Rémy et tous les autres… Et aussi Mme Kerloch, maire de l’Île de Sein, « ce quart de la France ». Puis c’est le torrent de la foule anonyme qui va continuer à se déverser, bien après la tombée de la nuit, sur le petit cimetière illuminé et submergé de fleurs. Pour se recueillir ou prier un court instant sur la tombe de marbre blanc où l’on peut lire deux inscriptions juxtaposées. A gauche : Anne de Gaulle 1928-1948. A droite : Charles de Gaulle 1890 – 1970.