Un groupe de républicains libres à l’Assemblée Nationale ?

  • jeudi 22 juillet 2010 | Nicolas Dupont-Aignan

 

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 Alors que les Villepinistes de République Solidaire réfléchissent à la possibilité de constituer un groupe indépendant à l’Assemblée Nationale, on m’interroge désormais régulièrement sur ma volonté de les y rejoindre.

Pour être franc, je trouve que c’est une drôle de façon de présenter les choses puisque je siège déjà aux non-inscrits, et que j’ai fait le premier le choix de quitter l’UMP !

D’autres ont d’ailleurs également eu ce courage, comme François-Xavier Villain, qui m’a rejoint à DLR, ou bien encore Daniel Garrigue qui est resté sans étiquette politique.

Logiquement, j’ai donc été le premier à proposer la création d’un groupe indépendant de l’UMP à l’Assemblée, invitant les républicains et tous ceux qui ne se reconnaissaient pas dans la politique de classe de Sarkozy à franchir comme moi le Rubicon.

Car faire partie d’un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, c’est se voir offrir plus de moyens pour travailler, plus de visibilité et surtout un meilleur temps de parole dans l’hémicycle ! Les Communistes et les Verts se sont ainsi regroupés au sein du groupe GDR (Gauche Démocrate et Républicaine) pour cette unique raison, ne partageant pas – loin s’en faut – les mêmes idées, ni ne souhaitant d’ailleurs être associés politiquement.

Et s’il y avait encore une personne à convaincre qu’être plus fort à l’Assemblée est indispensable à la diffusion de nos idées, je soumets cette petite vidéo tellement emblématique à mes yeux de ce dont est capable un système qui cherche par tous les moyens à faire taire les voix discordantes, celles qui disent la vérité.

Alors que l’accès aux médias est trop souvent confisqué au profit des personnalités politiques qui ne bousculent pas le système (ou bien font semblant de le critiquer), puisque le président de l’Assemblée Nationale refuse de donner aux non-inscrits un temps de parole équitable, les indépendants sont contraints de se rassembler afin de peser et de disposer du temps nécessaire à leur expression politique.

 

Députés et villepinistes, ou la tentation de « l’autre rive » – Source: Le Monde (Patrick Roger)

« On est déjà sur l’autre rive. » La formule est de Marie-Anne Montchamp, Députée (UMP) du Val-de-Marne et porte-parole de République Solidaire (RS), le parti récemment créé par Dominique de Villepin. Le petit noyau de députés villepinistes – ils ne sont guère plus de sept ou huit – se sent de plus en plus corseté au sein du groupe UMP.

« Former un groupe devient une quasi-obligation », ajoute la députée. Ce qui n’était encore qu’une hypothèse évoquée du bout des lèvres, que certains se refusaient même à imaginer, apparaît presque, aujourd’hui comme une nécessité.

L’examen du projet de loi sur les retraites a marqué une nouvelle étape sur la voie de l’émancipation. Les villepinistes ont présenté en commission des finances plusieurs amendements. Avec Mme Montchamp, François Goulard (Morbihan), Daniel Garrigue (Dordogne) et – selon les circonstances – Hervé Mariton (Drôme), plus quelques alliés occasionnels, les partisans de l’ancien premier ministre disposent au sein de cette commission d’une influence non négligeable. « Pour la première fois, nous nous étions organisés et nous nous sommes retrouvés en situation de quasi-groupe », reconnaît Mme Montchamp.

Parlant du projet de loi sur les retraites, la porte-parole estime que « c’est un texte d’un autre âge » ; « non seulement, il n’est pas financé, mais il n’est même pas phasé, assure-t-elle. Qui peut croire que l’exécutif se projette en 2018 quand son seul souci est de passer l’étape jusqu’en 2012, en évitant systématiquement d’aborder les véritables enjeux ? Or, à force d’évitement, la majorité se prépare une véritable catastrophe en 2012. »

Les députés villepinistes ont tenté – en vain – d’apporter des corrections visant à améliorer l’équité du système, à renforcer la taxation des produits du patrimoine, à prendre en compte la pénibilité et à supprimer le bouclier fiscal. Certains amendements, avec l’appui du Nouveau Centre, voire du PS, ont été rejetés d’extrême justesse. « On leur a filé un échantillon », prévient Mme Montchamp.

La séparation de corps semble inéluctable. Pour la porte-parole, la réforme des retraites est l’illustration d’une droite qui « manque cruellement d’imagination ». « C’est le dernier avatar d’une droite à l’étiage, étriquée et sectaire, repliée sur une base de plus en plus étroite. Après il n’y a plus que Marine Le Pen », se désespère-t-elle.

« Intérêt Objectif »

Peu ou prou, les députés villepinistes ont le sentiment que leur engagement au sein de l’UMP « se fissure », « La majorité, c’est la dépression, avec des réflexes de puissance et d’autorité, constate Mme Montchamp. On ne pas se laisser imposer le choix entre renoncer ou passer en mode suicide ».

« L’autre rive », donc. Même si certains hésitent encore : couper les ponts reste un acte compliqué, douloureux, inconfortable en tout cas. Mme Montchamp est persuadée que, non seulement, les villepinistes n’ont pas le choix mais que d’autres suivront. « Tandis que l’UMP est en train de creuser tout autour pour être sûre que personne ne sorte, nous devons aménager la rive, la rendre habitable et jeter des passerelles pour que des gens passent de l’autre côté », explique-t-elle. Seuls, en effet, les villepinistes ne sont pas en mesure de constituer un groupe à l’Assemblée Nationale, qui réclame au moins quinze membres. Ils vont devoir se trouver des partenaires.

Du côté de François Bayrou ? « Il y a un intérêt objectif », estime Mme Montchamp. Le président du MoDem, qui siège parmi les non-inscrits au Palais-Bourbon, se dit « ouvert » à cette perspective. « Tous ceux qui ont les yeux ouverts sur la réalité de ce pays et qui savent que nous aurons à reconstruire, non seulement sur la politique mais aussi sur les principes, ont à travailler ensemble », affirme le député des Pyrénées-Atlantiques. Il demeure cependant réservé quant à la détermination des uns et des autres à sauter le pas. Pour l’heure, on ne se bouscule pas pour passer sur l’ »autre rive ».

 

 

4 commentaires
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  1. Me permettrez-vous de me faire l’avocat du Diable?
    Mme Montchamp assimile l’UMP à une droite sectaire ,et indique qu’après « il n’y a plus que Marine Le Pen »Sauf que cette dernière n’a aucun parlementaire! Mais comment expliquer que nous vivons en démocratie autre qu’organisée ,alors qu’un parti arrivé en 2ème position à une présidentielle ne dispose ni d’un député , ni d’un sénateur,etc….?Et paradoxe des paradoxes ,les communistes , avec leur 2% disposent de groupes au Sénat et à l’Assemblée!
    Comment voulez-vous que nombre de nos compatriotes croient encore dans ce système?
    Qui leur parle de justice , d’égalité (hommes-femmes) et de diversité….
    Beaucoup pensent que leurs votes ne servent à rien ,et désormais s’abstiennent,ce qui est leur façon de protester ,et accessoirement de se désinteresser des affaires publiques.

    Enfin le « groupe villepiniste « a pris une torpille sous la ligne de flottaison avec la prise de Georges Tron au gouvernement.Ce dernier disait quelques semaines avant d’obtenir son strapontin « entre Sarkozy et moi ,ce sera Verdun » En fait ce fut Calais (cf les bourgeois de cette bonne ville)
    Je constate seulement que les effets de tribunes ou de plateaux télé , martelés à grands renforts de coups de menton,la main sur le coeur , ne résistent guère une fois de plus à la tentation des ors et des délices des palais nationaux.
    La mémoire courte existe donc bien toujours.

  2. Les voix discordantes n’ont pas le monopole de la vérité cher Monsieur le Député.
    Le croire serait tomber dans le piège intellectuel qui nous fait aller de travers : il y aurait ceux qui détiendraient la vérité et les autres. Foutaise électoraliste sans lendemain et Ch LESCORNEC a ,selon moi, raison de fustiger la mémoire courte des politiques.
    Quant à l’interêt objectif développé par Madame MONCHAMP nul doute qu’il ne s’agit pas d’interêt collectif et c’est bien cela qui fait aller la France dans le zig, puis dans le zag. Passer du futile à l’utile voilà ce qui devrait motiver nos élus. Hélas, pour certains, on ne change pas des habitudes qui permettent de se maintenir dans un certain ilot de confort sans courir de risques jugés inutiles.
    A vaincre sans péril on triomphe sans gloire devraient aussi se rappeler les quelques 471 députés élus avec moins de 30% de vote des inscrits (19% pour le cas Douillet). Quant aux électeurs et électrices abstentionnistes de plus en plus nombreux , nul doute que s’ils ne votent plus c’est bien parce que ce qui se passe sur les bancs de nos assemblées nationales,régionales,locales donne , dans la plupart des cas,une affligeante image de cour de récréation d’enfants gâtés mal élevés qui cherchent âprement à devenir un chef de cour .
    Oui passer du futile à l’utile, voilà qui rendrait un immense service à la France toute entière .
    Hélas le temps des éoliennes politiques de nouvelle génération est arrivé et quand on a vu l’application de la quasi totalité des 12 prétendants aux dernières élections présidentielles de 2007 à obtempérer aux injonctions écologiques opportunistes de Nicolas Hulot, on ne peut guère se faire d’illusion sur les chances de réanimation de la maison France. Les pendules de la démocratie française ne seront donc jamais remises à l’heure avant que le ciel ne nous tombe sur la tête.
    Si de grands bouleversements climatologiques sont à entrevoir pour un futur encore incertain, assurément aucun bouleversement politique n’est à attendre dans une France de plus en plus menée par le bout du nez vers le totalitarisme de celles et ceux qui croient détenir seuls la vérité.
    Le discernement est donc selon moi la première victime des 35H, avec pour conséquence le développement des tendances polémiques et la préférence donnée à l’irrationnel par rapport à l’analyse et au bon sens.
    Nous sommes ce que vous fûtes , il ne reste plus donc à espérer un sursaut du peuple pour rebatir une équipe qui sache à nouveau jouer collectif pour le bien du plus grand nombre et non pour l’intérêt des minorités.
    Il nous reste plus qu’à souhaiter que 20% de l’effort parlementaire conduisent à répondre à 80% des problèmes qui se posent aux français et aux françaises et non 80% des efforts qui ne résolvent que 20% des problèmes posés.
    Nous pouvons réver,la période s’y prète.
    JC BAERT

  3. Quel terme très nébuleux et polysémique que celui de « l’autre rive » , la plus ancienne mention en était égyptienne et s’écrivait « IBR » qui fut, un temps, traduit par « hébreux »..puis , par extension, ce furent les passeur libres, ceux qui pouvaient circuler à peu près librement , comme les compagnons bâtisseurs du Moyen-âge…
    Que certains qui se trouvent particulièrement malmenés dans des structures politiques autoritaires, voire autarciques, envisagent de quitter « les marmites remplies de viande de l’Egypte » pour reprendre un austère chemin vers leur idéal républicain et gaulliste initial en « allant sur l’autre rive » (mais laquelle, et où se trouve-elle? à quoi la reconnaître?) ne peut que réjouir tous les citoyens dont le coeur bat dans ce sens..
    Certains ont en effet déjà traversé le Jourdain et de leurs faibles moyens, poursuivent leurs escarmouches contre la fourberie, le mensonge et la démission..
    Se retrouveront -ils tous devant les murailles de Jericho?

  4. Diatribe bien stérile. Pauvre République !
    Et pourtant les gaullistes ont en héritage les principes de base, indispensables à une bonne gouvernance : la Primauté du Politique sur l’économie et la finance et la Primauté de l’intérêt général. Alors, pourquoi soutiennent-ils la Pensée-Unique ? Pourquoi ne dénoncent-ils pas Maastricht qui a donné la Primauté à la Finance ?
    NDA en parlait en 2009. Désormais, il n’en parle plus. Il dénonce l’Euro, au lieu de Maastricht ! En oubliant simplement que la Franc sera soumis au mêmes règles que l’Euro. Est-ce pour être en concordance avec DdV ? En tout cas, ces deux soit-disant gaullistes font comme Pompidou, Chirac et combien d’autres !
    Mais quand donc, les Gaullistes reviendront-ils à leurs principes de base ?
    Pierre.Bellenger@wanadoo.fr

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