Défendons la langue française, notre bien commun
Par admin | 23. novembre 2009 | Catégorie : Actu-politique | 6 comments
C’est l’alarme ! Les associations qui signent cet appel regroupent des démocrates de toutes sensibilités idéologiques.
Unanimes, elles dressent un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France. « Langue de la République » (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l’« identité nationale ».
Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu’au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l’est moins par l’air du temps, contre lequel il pourrait se défendre seul, que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprises françaises avec l’appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d’abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu’ « il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation », le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues.
L’heure est donc venue d’appeler tous les citoyens à la résistance linguistique.
Nos associations en appellent au peuple français et à tous les francophones du monde, à tous ceux qui savent ce que la liberté, l’égalité, la fraternité, mais aussi la littérature, la philosophie, le droit et les sciences, doivent à la langue des Molière, Césaire, Verhaeren et Senghor.
LE VOL NOIR DU GRAND PATRONAT SUR NOS PLAINES
Depuis longtemps, on n’en est plus aux seuls emprunts massifs à l’anglo-américain : nombre de grandes entreprises s’emploient à basculer au tout-anglais une bonne part de leurs pratiques langagières : « Time to move ! » est le titre du programme de mutations que France-Teuleucom impose à ses salariés, ajoutant l’humiliation linguistique à l’effrayante dégradation de leurs conditions de travail. C’est aussi la mode – le « mood » – chez AREVA… Dans la distribution : Carrefour, Auchan… basculent leurs produits et enseignes à l’anglais de bazar, imités par des services publics comme la SNCF, la Poste ou Air France… Loin du programme du Conseil National de la Résistance, la devise du MEDEF n’est-elle pas « ready for the future » ? Sommet du « dialogue social » : c’est en anglais que les ouvriers de Continental-Clairoix, réunis dans leur cour d’usine, ont appris leur licenciement collectif ! Les choses sont déjà si avancées, tels les fromages forts, que des syndicats de diverses obédiences, CGT, CFTC, UNSA, CGC…, ont dû monter au créneau pour « défendre le droit de travailler en français en France », mouvement internationalisé en 2009.
Voyez aussi les travaux de la recherche scientifique française : des siècles après l’acte révolutionnaire de Descartes publiant en français le Discours de la méthode, ils sont devenus inaccessibles au citoyen ne maîtrisant que le français ou maîtrisant d’autres langues que l’anglo-américain. Passons sur la chanson, sur les pubs en anglais qui, aux heures de grande écoute, ciblent surtout les jeunes, les enfants… Que fait le CSA ?
QUI VEUT NOUS COUPER LA LANGUE DOIT AVOIR LE COURAGE D’AFFRONTER LE DÉBAT
On ne voit que trop qui sert cette politique d’anéantissement linguistique sous son emballage pseudo-moderne : elle sert cette partie privilégiée de la société qui, pas seulement à droite, a honte de son pays incurablement frondeur ; une « élite » qui n’hésite pas à désintégrer sa langue maternelle pour mieux intégrer l’élite mondialisée et ressembler à ses maîtres ! Les « gens de peu », pour leur part, nés en France ou venus d’Afrique francophone, sont voués à une discrimination linguistique plus forte que jamais. Quant à nos cadres moyens qui croient s’en tirer en ingurgitant le Wall Street English promu dans le métro parisien, le basculement au tout-anglais consacre leur aliénation dans un travail de plus en plus dévalorisé.
Face aux coups portés, le silence des autorités inquiète. Pis : des ministres approuvent ou annoncent diverses mesures de substitution de l’anglais au français, des petites classes jusqu’à l’enseignement supérieur. Ainsi la direction de Sciences-Po a-t-elle décidé que sa nouvelle antenne de Reims dispenserait tous ses cours en anglais. Ainsi Mme Valérie Pécresse semble-t-elle chercher à extraire l’Université du champ de la loi Toubon. Ainsi le chef de l’État annonce-t-il que des enseignements fondamentaux du second degré pourraient être dispensés « en langues étrangères » (traduisons : en anglais).
De cet arrachage linguistique, c’est peu dire que l’Union européenne, à laquelle ses textes fondateurs font pourtant obligation de défendre les langues et identités nationales, fait peu de cas. Au nom du libéralisme économique, son exécutif s’emploie même à démanteler toute protection juridique des langues nationales, au point que c’est le plus souvent de directives bruxelloises que se prévalent les décideurs français pour contourner la loi Toubon et le code du travail.
C’est pourquoi nous exigeons un grand débat national sur la place respective du français et des autres langues, pour que l’assassinat linguistique planifié ne puisse s’accomplir en silence et pour que le peuple souverain se saisisse de la défense de sa langue.
MOBILISATION LINGUISTIQUE ET RESPONSABILITÉ CIVIQUE
L’actuel gouvernement qui glose sur l’identité nationale va-t-il contribuer à enfermer le peuple français dans une langue unique imposée ? La défense de notre héritage linguistique implique une protection et une promotion actives de la langue française, de la diversité linguistique et de la francophonie, sur notre continent et dans le monde. Une politique est proposée dans nos sites. Parlons ici simplement de ses éléments fondamentaux pour revenir au bon sens : à l’école élémentaire ou au collège, asseoir d’abord un solide apprentissage des langues nationales en Europe, puis commencer celui de deux langues étrangères dont la première, selon la recommandation du professeur Hagège, serait autre que l’anglais ; réaffirmer le français comme langue de l’enseignement supérieur ; lui rendre droit de cité dans la recherche ; faire respecter par Bruxelles sa propre législation linguistique.
Notre appel s’adresse aussi aux espérantistes ; aux amis des langues régionales, vite éradiquées si la langue commune était marginalisée ; aux immigrés qui veulent continuer à parler la langue de leur pays d’accueil sans oublier celle de leur pays d’origine ; à nos compatriotes des DOM qui veulent parler français ET créole. Si une langue de portée mondiale comme la nôtre finissait par être supplantée sur sa terre natale, quelle autre langue, en Europe, pourrait résister au rouleau compresseur de l’anglo-américain ? Cet appel à la résistance et à la créativité linguistique de tous les francophones s’adresse aux citoyens et aux décideurs conscients de leurs responsabilités, aux salariés, étudiants, enseignants, entrepreneurs de base, qui font vivre le français en l’habitant au quotidien. Car, en marginalisant sa langue, c’est le peuple qu’en définitive on voudrait déloger de ses rêves.
Nous interpellons enfin avec gravité tous les écrivains, philosophes, enseignants, chercheurs, traducteurs et autres créateurs de francophonie, en France, en Belgique, en Suisse, au Québec et au Canada, en Afrique, et partout où notre langue est pratiquée et aimée : vous dont la langue constitue l’outil de travail et l’élément existentiel, entrez en résistance publique contre la langue unique ! Cinq siècles après Joachim du Bellay appelant à la « défense et (l’)illustration » du français, faisons vivre notre langue et défendons-la contre la logique barbare de l’Argent-roi.
Alliance Champlain- www.alliance-champlain.asso.nc – Association francophonie avenir (AFRAV – www.francophonie-avenir.com) – Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF – www.asselaf.fr ) – Avenir de la langue française (ALF – www.avenir-langue-francaise.fr) – Cercle littéraire des écrivains cheminots Etienne Cattin (CLEC – http://clec.naicf.asso.fr) – C.O.U.R.R.I.E.L. (www.courriel-languefrancaise.org) – Défense de la langue française Paris-Ile-de-France (DLF Paris IdF - www.langue-francaise.org) – Forum francophone international France (FFI-France) – Le Droit de comprendre (DDC) – Le Français en Partage- Association France-Univers- www.editionsfranceunivers.com – Gerflint- www.gerflint.forumpro.fr
Le Français ou rien ! un exemple : Sébastien Chabal
Accord total avec votre texte.
L’abandon de la langue nationale par de prétendues « élites » totalement faillies est un pur scandale.
La résistance s’impose.
D.Ottavi
Il es évident que si notre si belle langue- celle qui berça nos rêves d’enfant, celle que nos maîtres nous apprirent à décoder avec tant de détermination, celle des « Lumières » qui fut parlée à cette époque par tous les esprits éclairés de l’Europe, celle dont on dit qu’elle est un modèle de clarté, celle enfin de Racine (à relire!) de Voltaire,etc…etc…- venait à dispaâître ce serait une grande perte pour notre Nation déjà et pour l’humanité .
Mais il est vrai aussi que, même nos élites la parlent de plus en plus mal !! Elles ne savent plus accorder les pronoms relatifs, lequel , à laquelle, auxquels etc… quant aux liaisons , on ne les fait plus en général tant on craint de les faire malt’ à propos , ne parlons pas non plus de l’avalanche de fautes d’orthographe dans les courriels (et non les mails ) que nous recevons ! Oui ,hélas, la langue française se perd car les « LUMIERES » se sont aussi perdues . Le « fric » et toute l’idéologie anglo-saxonne qu’il véhicule avec la langue ont envahi nos vies . Se lèvera-t’il une Jeanne d’Arc pour BOUTER l’anglophonie hors de France ou est-il déjà trop tard ?
Entièrement d’accord avec votre article. Vous pouvez ajouter le cercle Condorcet-Voltaire à la liste des associations signataires. CjLenoir, président fondateur.
Problème qui, malheureusement, est déjà largement solutionné par l’arrivée en force de l’anglais ! Réagir ? oui par une sorte de mobilisation de la base, toutes origines confondues, pour défendre son outil de communication. Mais le mal est bien déclaré chez les » media » , en politique et, qui va en empirant, dans le milieu sportif ! ( Et là aussi cela vient de la tête- exemple l’équitation où, maintenant dans l’énoncé des réglements, dans les comptes rendus, dans les articles, on voit éclore des mots anglais imbéciles ) Que faire ?
Courage . C. Libes
Combien vous avez raison.
Cela fait des années que je contacte un peu tout le monde sur la nécessité impérieuse de créer une informatique Française.
Pas une société qui ferait des processeur Français. Non, il s’agit pas de cela.
Il s’agit d’offrir aux personnes qui achetent un ordinateur, la possibilité de touver sur le clavier non seulement la cédille sous le C Majuscule, ou le u tréma, mais aussi toutes les lettres Grécques.
Cela vous semble dérisoire ?
En fait qu’est ce que l’informatique ?
De la LOGIQUE .
Rien que cela !
Mais surtout cela.
Pourquoi donc doit t-on programmer avec des progiciels en Anglais ?
Les opérations logiques tant que sont en Anglais et cela donne :While [statut] Do [action] .
Quand les Français auront ils un clavier Français fait pour les Français, mais surtout quand pousseront nous la Logique jusqu’à un aboutissement Logique lui aussi en transformant les ordinateurs en véritables machines scientifiques.
Cela permettra de créer des emplois, surement les particuliers et les étudiants Grecs trouveront intéret à un tel outil, mais surtout, nous éviterons la SMSisation des esprits.
Un ordinateur peut corriger votre orthographe, il peut aussi vous proposer un synonyme ouexpliquer une régle.
Rien n’est impossible.
Impossible, pas Français!
Il suffit pas de s’indigner sur l’indigence des commentaires des chaînes Françaises, il faut passer aux actes, et à l’action, logique . Redefinir nos rapports à la langue, dans nos rapports avec la logique.
Aviez vous remarquè que sur TF1, A2,Fr3 on utilise le même dictionnaire ?
Sur ces trois chaïnes on privilégie le mot étal pour étalage.
Il n’y a pas de coïncidence, il faut sauver, cette langue, dans l’action peut être nous sauverons nous, nous même?
Retour d info souhaité.;o)
Très souvent, le particulier prend le temps de répondre à ce genre de sollicitation, et c’est la voix qui crie dans le désert.
Les sites pensent à poser des questions et recueillir des informations,des opinions, des avis. C’est vrai.
Mais ils ne font rien de plus.
Un dialogue suppose deux interlocuteurs.
Que pensez vous de l’idèe, je la crois bonne.
Vous pensez que cela n’a pas lieu d’être, parlons en.
Sinon, la portée de cette réponse sera nulle, et votre question ne vaudra pas mieux.
CARVAJAL
Le moment est très grave car la prolifération de l’anglais ou d’expressions en anglais progresse d’une manière très importante.
La gravité de la situation est d’autant plus lamentable qu’elle émane de nos sphères prétendues intellectuelles ,politiques et surtout médiatique. Quel ministre ou politique ne se croit pas dans une nécessité imbécile de placer dans une phrase ou une discution l’expression en anglais de ce qu’il veut dire. Lequel des 40 Académiciens de l’institut de France chargés de veiller sur les lettres et la langue française sont intervenus sur ce sujet , aucun, silence complet. A quoi servent-ils donc??????
Pourquoi les fédérations de sport et ses ministres successifs ont-ils accepter que tous les arbitrages se fassent en anglais. Lacheté , couardise , traitres !!!!!!!!!
Une lutte nationale doit être entreprise simultanement au plus haut niveau de l’Etat et de toutes les instances culturelles de France et d’ailleurs faute de quoi nos petits enfants , on doit le craindre apprendront le français en seconde langue.