La IVe République est de retour ?

Le premier tour des élections présidentielles a porté sur le podium trois lauréats qui ont une conception quasi identique de la gouvernance de la France.

Jean-Luc Mélenchon appelle de ses vœux l’édification d’une VIe république dont on ne connait que peu d’éléments :

  • Une présidence de la république dépourvue de pouvoirs réels car condamnée à n’inaugurer que les chrysanthèmes, c’est-à-dire sans autre pouvoir et compétence que la représentation dans les foires et banquets ;
  • Une Assemblée nationale élue à la proportionnelle intégrale

Marine Le Pen, constante dans sa détermination, filiation oblige, propose :

  • une proportionnelle à 30%, soucieuse affirme-t-elle de dégager néanmoins une majorité législative… mais de quelle manière ?
  • l’instauration du RIC (référendum d’initiative citoyenne) à partir de 500.000 signatures, ce qui est peu et risqué. Serons-nous sans cesse, sans retenue, sans limite sollicités à passer dans l’isoloir, pour nous prononcer sur des sujets éventuellement secondaires, voire farfelus, pour dicter, contredire, obliger le pouvoir, donc l’Etat à modifier, à infléchir sans cesse et sans limite sa politique au gré des vents, des tendances du temps, au risque, d’une part, de dénaturer l’essence même du référendum style gaullien qui portent sur les sujets majeurs, et d’autre part  d’entamer le civisme des électeurs ?

Quant à Emmanuel Macron. Il se présente comme le plus sérieux défenseur de notre constitution en proposant de :

  • Rétablir le septennat renouvelable, contrairement à Marine Le Pen qui le propose non renouvelable, ce qui est une limitation à la démocratie totale. Mais Emmanuel Macron précise, pour ne gêner personne, que cette proposition ne fait pas partie de son programme ; comprenne qui pourra !
  • Concernant l’élection des députés, il rejoint les extrêmes. En acceptant la proportionnelle promise en 2017 au taux de 25%, il est prêt, vient-il de le confirmer, à aller vers une proportionnelle intégrale.

Il s’agit bien, une fois de plus, d’une manœuvre, d’un subterfuge.

En résumé, le podium du premier tour vise, disons-le, à mettre un terme à la Ve République du général de Gaulle qui depuis près de 65 ans a permis à la France de surmonter tant de crises et d’épreuves assurant la pérennité de l’État et la cohésion de la Nation.

Qui souhaite le retour à la IVe République, avec ses crises institutionnelles et la durée de vie gouvernementale moyenne de 6 mois, qui souhaite le retour d’un exécutif impotent, atone, aphasique, sans projet pour la France, condamné à régler les affaires courantes ?

OUI, si les Français accréditent ces orientations politiciennes, qui rétablissent le régime des partis, c’est la fin de la Ve république.

Les gaullistes de conviction, nous disons bien : les gaullistes de conviction, pas ceux qui revendiquent ce qualificatif au seul service de leur ambition de carrière, pas ceux qui ont tourné le dos à l’idéal et à l’héritage du Général.

Nous appelons les gaullistes de conviction à prendre rapidement l’initiative d’une résistance face à cette inconscience collective alimentée par l’ignorance de notre histoire récente et contemporaine.

Alain Kerhervé
et
Gérard Quéré 


 

Impression des bulletins de vote



Lire aussi l’article d’Arnaud Teyssier, Fondation Charles de Gaulle



Une vidéo à regarder : de la IVe à la Ve République du général de Gaulle

https://www.youtube.com/watch?v=YVYRXC2MBtc

 

13 commentaires sur La IVe République est de retour ?

  1. Chers amis,
    « L’idéologie obscurantiste des Lumières » d’une classe politique populiste prompte depuis des siècles à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, brasse l’air de la virtualité la plus obscure et se noie dans un verre d’eau en tentant les manipulations mentales les plus révoltantes.
    Si donc l’air, l’eau et la lumière sont depuis l’origine des temps les facteurs incontournables du développement de tout être humain , ces sodomisateurs des mouches en vol ne manquent pas d’air pour nous entrainer contre vents et marées vers un néant sidéral d’un futur immédiat sans espoir.
    A la veille d’élections Législatives ,que cette réalité politique puisse redonner à tous et à chacun , l’envie et le désir ardent de ne pas se laisser manipuler par des politicards sans Foi ni Loi..

  2. Bernadet Didier // 23 avril 2022 à 16 h 26 min //

    Tout sauf Macron. Il a tous les défauts du petit mégalo, sophiste, imbus de sa personne, inexpérimenté et manipulé par les tenants de la finance mondiale. Comment pourrait-on réélire un Président qui dit que son pays n’est pas souverain? Il est dans le non-respect de la. Constitution.

  3. C’est un vote personnel… c’est votre responsabilité… beaucoup de messages annonce néanmoins un NI-NI

  4. Quel candidat choisir pour l’élection présidentielle 2ème tour le 24 avril 2022 ? MACRON, Marine LE PEN ou voter blanc. Nous n’avons pas beaucoup de choix si l’on veut rester dans la ligne du Gaullisme. Merci pour la réponse. Sincères salutations.

  5. Once again…comme dirait le chérubin du Palais…« Il s’agit bien, une fois de plus, d’une manœuvre, d’un subterfuge. » Voilà l’essentiel et dans ce « foutoire » politico médiatique ,entretenu par des politicards sans foi ni loi, où sont les propositions pour une France du futur immédiat ?

  6. Vous désapprouvez mon analyse. C’est votre droit… mais manifestement vous souhaitez un retour à la IVe République avec un gouvernement qui ne gouverne pas, un parlement qui ne légifère pas, une France inaudible dans le monde. C’est votre vision, ce n’est pas celle de tous les gaullistes de conviction.

  7. Le gaullisme n existe plus, et la Veme est morte avec le quinquennat, le non respect du referendum 2005, et le traité de Lisbonne. On ne peut plus laisser 100% du pouvoir a des partis qui representent 25% des electeurs. Un seul septennat c est garder un vrai pouvoir presidentiel hors partis. Une dose de proportionnelle c est en finir avec la dictature d un seul parti a 25% des voix. Quant au referendum populaire , peut etre pas a 500000 signature c est redonner pouvoir au peuple face aux juges et a l Europe

  8. Etienne Tarride // 17 avril 2022 à 16 h 11 min //

    Votre analyse est malheureusement exacte, mais il faut aller un peu plus loin.
    Compte tenu du caractère français et de l’Histoire récente, le système des III et IV Républiques est le système qui convient le mieux au peuple français qui supporte mal un pouvoir qui dure plus de dix huit mois. La réélection probable d’Emmanuel Macron ne changera rien à cet état de fait, puisque ce Président de la République en voie d’écroulement dans la confiance a été sauvé par le réflexe provoqué par la pandémie puis par la violence de la guerre en Ukraine et le danger que nous fait courir l’absurdité du comportement de Poutine.
    Face à notre tempérament, le Général a choisi de nous doter d’institutions et d’une politique qui nous contraignent en toute rigueur démocratique à prendre en compte le destin de la France et non nos seules humeurs du moment. Depuis cinquante ans maintenant ses successeurs ont choisi d’éviter de poser les vrais problèmes, tels l’Europe de Jean Monnet, l’Otan, la désindustrialisation et la société de consommation pour s’engager dans un faux consensus dont l' »UMPS » a été le symbole et Emmanuel Macron la synthèse sous le signe avoué du  » En même temps » exact contraire de la devise de Pierre Mendès France  » Gouverner c’est choisir ».
    Le prochain quinquennat, si le résultat des présidentielles est conforme à ce qui est probable marquera le terme de la V ème République mais aussi le terme de l’Histoire de France puisque l’Europe intégrée l’aura emporté et que dans cinq ans nous élirons le Gouverneur de la province. Peu importe dès lors qu’il soit élu pour cinq ou pour sept ans, peu importe que le gouvernement local qu’il désignera dure un an, trois ans ou cinq ans.
    Nos enfants et petits enfants apprendront que la France a duré de Clovis à Macron. Ce sera aussi de notre faute.
    Plus que jamais, Vive la République et surtout Vive la France

  9. Dans l’immédiat, il ne reste plus qu’à espérer que le « vainqueur » du second tour de la Présidentielle saura faire preuve d’un minimum d’humilité, en acceptant de reconnaitre qu’il n’a suscité l’adhésion à son programme, ou à sa personne, que d’une minorité du corps électoral et que sa « victoire » n’aura été possible que grâce à l’appui direct de ceux qui ont simplement voté contre son adversaire……
    Il faudra aussi qu’il sache prendre en compte le message de l’ensemble des électeurs qui ont choisi, en toute conscience, de s’abstenir ou de voter blanc, faute de quoi les fractures qui traversent aujourd’hui la société française ne feront malheureusement que s’accentuer.

  10. Bernadet Didier // 16 avril 2022 à 19 h 25 min //

    Oui, il faut entrer réellement en résistance. Galvauder notre souveraineté, notre Nation, comme le font ces irresponsables censés nous diriger est plus qu’intolérable. Les médias aux ordres par leur propagande incessante, insidieuse, ont déboussolé nos jeunes qui n’ont plus de repères. Il suffit d’échanger avec de jeunes cadres de l’industrie pour constater la profondeur du mal. Patrie, Nation, ? Pour eux c’est de l’archaïsme. Pire, c’est que lorsqu’on leur explique que les Nations dominantes cultivent plus que jamais leur nationalisme, ils ne le croient pas car là n’est pas leur intérêt. On ne peut se contenter de dialoguer, de contester intellectuellement car les médias portés par les financiers mondialistes qui les possèdent sont un vrai rouleau compresseur qui intoxique notre peuple. Pis, nous sommes de moins en moins nombreux à avoir ce sens de la responsabilité historique, du devenir de nos jeunes dans une Nation retrouvée. Oui, il faut retrouver le sens aigu de la résistance, avec courage, sans concession, sans complexe, sinon les jeunes ne suivront pas. En général les collabos n’ont pas de courage, ouvrons la porte des possibles…

  11. « Il s’agit bien, une fois de plus, d’une manœuvre, d’un subterfuge. » Voilà l’essentiel et dans ce « foutoire » politico médiatique ,entretenu par des politicards sans foi ni loi, où sont les propositions pour une France du futur immédiat ?

  12. Afin que chaque courant politique soit représenté, je ne suis pas foncièrement opposé à une dose de proportionnelle limitée à 20%.
    En revanche, je considère qu’une proportionnelle intégrale serait une catastrophe, un retour à l’immobilisme.
    Quant aux référendums, sauf nécessité, j’y suis fondamentalement opposé.
    La démocratie nous offre la possibilité d’élire nos élus, nos représentants.
    Il est donc superflu, voire inopportun de demander régulièrement l’opinion de la population.

  13. Votre article vise juste ,
    La V° république a révélé un fait majeur, qui est une constante de l’histoire de notre pays et de l’histoire tout court. Ce sont largement les hommes qui font l’histoire, avec leur culture, leurs racines, leur vision de l’intérêt national, d’où la nécessité de choisir l’homme d’état capable de gouverner ce pays au suffrage universel. Cela est le coté bonapartiste des français de gauche comme de droite.
    L’élection du président au suffrage universel est un acquit qu’il ne faut pas abandonner.
    le problème de la représentation nationale est posée, l’Assemblée nationale n’est plus représentative des courants politiques auxquels adhérent les français.
    C’est la conséquence de l’accélération avec la construction Européenne par des abandons de souveraineté sous-estimés: traité de Maastricht et surtout le non au TCE en mai 2005.
    La construction Européenne n’est plus européenne depuis la montée en puissance de la mondialisation néolibérale, en fait anglo-saxonne, elle a été conçue, mise place et imposée par l’administration américaine Reagan et ses successeurs, la commission Européenne a été conquise et soumise au néolibéralisme dès les années 80 sous l’impulsion de Thatcher puis Blair/Schroeder.
    Le referendum de mai 2005 le non au TCE est la fracture qui a été ignorée par la droite de gouvernement UMP et la gauche PS, en fait l’UMP devenue droite orléaniste, droite des affaires, et la gauche des affaires.
    Depuis cette date il n’y a plus aucune prise en compte du mécontentement populaire.
    Cela est dû à la mondialisation/construction européenne sur le modèle anglosaxon, à la soumission de nos élites à cette pensée étrangère à notre culture et à la culture européenne.
    Est-ce que cela serait dû aux institutions, en partie la réduction du mandat du Président à 5 ans et son alignement sur celui de l’Assemblée nationale est une erreur, mais c’est aussi et surtout dû à la perte de souveraineté nationale et de souveraineté démocratique, le peuple souverain a été désavoué par les élites qui ont accepté le TCE en 2007/2008, et depuis le peuple souverain est constamment trompé ou placé devant de faux choix, niant les aspirations du peuple à une autre politique. (Les partisans d’une autre politique lors des dernières présidentielles vont Marine Le Pen à JL Mélenchon cela représente presque les deux tiers de l’électorat, en fait sont néo et sociaux libéraux Macron, Pécresse et Anne Hidalgo :34%).)
    Il ne peut y avoir de démocratie si les abandons de souveraineté concédés à l’Union Européenne ne peuvent être remis en question et ou renégociés,
    Notre peuple veut être souverain en économie, social, et fiscal mais aussi et surtout en politique étrangère.
    Notre pays doit quitter l’OTAN pour retrouver sa souveraineté en matière de défense et de politique étrangère, mais aussi et c’est lié s’émanciper de la tutelle de l’administration américaine nous donnera des marges de manœuvres politiques, financières et économiques, cela montrera aux autres pays de l’UE qu’une autre politique, une politique répondant aux aspirations du peuple souverain est non seulement possible mais nécessaire.
    Pour atteindre ce but un président d’une république souveraine provoquerait une crise sur la question de la défense et demanderait que le TCE soit renégocié, la politique de défense ne doit plus être assurée dans le cadre de l’OTAN, soit nous aboutirions soit nous obtiendrions une exception en matière de défense et de politique étrangère.
    En conséquence le non-alignement nous offrirait des marges de manœuvres économiques, financières, fiscales et donc politiques. Cela sera d’autant plus nécessaire que les traités de libre échange sont un échec et que la mondialisation a atteint ses limites et se trouve en recul. Le monde va devenir multipolaire et l’hégémonie américaine va prendre fin bon gré mal gré !

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