Mai-68 : la réaction et la victoire des partisans du général de Gaulle

Au mouvement de mai 1968 ont répondu les soutiens de Charles de Gaulle, qui prônaient un retour à l’ordre. À leur façon, ils ont eux aussi écrit l’histoire de cette période.

Le peuple de droite prend la rue, exaspéré par le mouvement étudiant et lassé par un mois de grèves ouvrières. Ceux qui se proclament la majorité silencieuse sont bien décidés à se faire entendre. Le 30 mai 1968, sur les Champs-Elysées, en soutien au général de Gaulle, c’est la grande manifestation de la réaction. Jacques Godfrain*, 25 ans à l’époque et jeune gaulliste, fait partie de cette marée humaine. Il n’aime pas les bouleversements annoncés par ce mois de mai.

Les émotions du printemps vite oubliées

Ce sont toutes les profondeurs du pays qui s’expriment ce jour-là : un mélange de traditions et d’attachement aux valeurs de toujours jusque dans la faculté de Nanterre (Hauts-de-Seine), où les étudiants de droite sont nettement en minorité. Aussitôt après l’allocution du chef de l’État, « le flot de manifestants a doublé, triplé », selon Jacques Godfrain. Ils étaient des centaines de milliers partout en France. En 1968, la gauche, malgré la grève générale, est loin d’incarner une alternance à la droite. Dans les entreprises, le travail reprend peu à peu. Les syndicats ont obtenu beaucoup. Les élections de juin donnent une victoire écrasante à la droite. Les Français reprennent leurs activités préférées et, l’été venu, partent en vacances.


  • Président de la Fondation Charles de Gaulle

 

8 commentaires sur Mai-68 : la réaction et la victoire des partisans du général de Gaulle

  1. Jean-Dominique Gladieu // 4 juillet 2018 à 11 h 13 min //

    Réponse à Alain Kerhervé :
    Excusez-moi, cher Alain de vous avoir injustement « accusé » !
    Ayant lu votre livre et suivant régulièrement vos commentaires sur ce blog, j’aurais dû me douter que les propos que je vous ai prêtés n’étaient pas de vous. Encore une fois mille excuses …

  2. Totalement en accord avec votre commentaire… mais ce texte (cette vidéo) n’est pas de moi.
    Pour ma part De Gaulle n’était pas de droite… pas de gauche non plus.
    Pour s’en convaincre, il suffit de lire mon ouvrage (lien ci-après). http://www.gaullisme.fr/2015/11/25/une-revolution-en-heritage/

  3. Aujourd’hui nous subissons toujours la dictature gauchiste et ses grèves, ses entraves, ses blocages, sa mauvaise foi, mais plus de grand sursaut du peuple de droite comme s’il était annihilé par 50 ans de bien pensance et de politiquement correct, bref des suites de 68, qui même si tout n’était pas à jeter à complètement été récupéré par la gauche qui s’est octroyer à elle seule le « progrès ». Alors qu’en matière de progrès social de Gaulle était un précurseur mais il n’a pas eu le temps ni la possibilité d’aller au bout de ses projets.

  4. Jean-Dominique Gladieu // 29 juin 2018 à 16 h 38 min //

    Cher Alain,
    Je me permets quelques remarques.

    Vous écrivez : « Le peuple de droite prend la rue ».
    Or, le Général (et, à sa suite, les « gaullistes » ou s’affichant comme tels) récuse catégoriquement la classification « d’homme de droite ». Il vaudrait donc mieux parler du peuple gaulliste qui prend la rue … à moins de laisser entendre que le « gaullisme » est déjà « contaminé » à l’époque ?
    Ce qui n’est peut-être pas si faux dans la mesure où, moins d’un an plus tard, une partie de la « droite » (réelle cette fois, même si elle n’avance pas encore à visage si découvert) se range du côté du « non » au référendum sur la régionalisation, histoire de renvoyer le « vieux » (l’expression n’est pas de moi) à Colombey.

    Vous évoquez également une majorité silencieuse « exaspérée par le mouvement étudiant et lassée par un mois de grèves ouvrières » et vous dépeignez le « jeune gaulliste » Jacques Godfrain sous les traits de quelqu’un qui « n’aime pas les bouleversements annoncés par ce mois de mai ».
    Pourtant le « gaullisme » n’est-il pas, à sa base, un mouvement de contestation de l’ordre établi ? Le Général lui-même ne qualifie-t-il pas la Résistance de Révolution ?
    N’y a-t-il donc pas quelque ambigüité dans la grande manifestation du 30 mai 1968 ?

    Il conviendrait par ailleurs de se remémorer le positionnement de l’UDT pendant ces « Evénements de Mai ». Je crois me souvenir que René Capitan a voté la motion de censure déposée par l’opposition (et qui a été rejetée). Durant les « événements » l’UDT a concilié un soutien au mouvement de contestation en même temps qu’au Général. Lors des législatives de juin (suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale), David Rousset (gaulliste « d’extrême-gauche ») a été élu député de l’Isère (bénéficiant, me semble-t-il de l’investiture UDR) en s’affichant ouvertement tant en faveur des grévistes qu’en soutien au Général (il a ensuite siégé chez les non-inscrits). Bien qu’un peu plus modéré, Jean-Marcel Jeanneney (autre gaulliste de « gauche »), affiche une position assez convergente.
    Tout ceci pour dire qu’au sein du mouvement « gaulliste », ces événements font débat.

    Enfin, sur le résultat des élections législatives, certes la victoire est « écrasante » si l’on considère la répartition des sièges au Parlement. Par contre, si l’on regarde le nombre de voix obtenues sur l’ensemble du territoire français, on constate que le rapport de force politique est beaucoup plus serré que les apparences ne le laissent supposer.

    En conclusion, je crois que le thème « Mai 68 et le gaullisme » pourrait donner lieu à un beau sujet de thèse dont les conclusions pourraient remettre en cause certaines certitudes … Mais, n’est-ce pas ça le vrai « gaullisme » ?

  5. Flamant rose // 29 juin 2018 à 11 h 49 min //

    Par deux fois Georges Pompidou a proposé sa démission et les deux fois de Gaulle a refusé, non pas parce qu’il voulait garder Pompidou comme premier ministre mais parce qu’il estimait que ce n’était pas le moment. Je pense que les deux argumentaires se valaient, mais de Gaulle a choisi et Pompidou s’est incliné.

    Pour ce qui est de la grande manifestation de soutien au Général, elle a été organisée par Roger Frey et Jacques Foccart et par les anciens de la France libre.

    A la suite de cette manifestation de soutien de Gaulle à confirmer Pompidou comme premier ministre et lui a demandé de former un gouvernement provisoire. Entre les 2 tours des élections qui ont suivi Pompidou a, pour le troisième fois, proposé sa démission que de Gaulle refusera à nouveau. Enfin, c’est le 10 juillet 1968 que Maurice Couve de Murville succédera à Georges Pompidou.

  6. @ Alain Kerhervé
    Vous avez raison mais à mon avis c’était déjà trop tard et Couve de Murvile malgré ses qualités personnelles ne me semble pas l’homme de la situation après Mai 68. Raison pour laquelle Chaban me paraissait plus approprié.

  7. Il y a une petite erreur : quand CDG se sépare de Pompidou, il nomme M. Couve de Murville comme premier ministre. Chaban sera Premier ministre lors de l’élection de Pompidou en 1969.

  8. En Mai 68 de Gaulle a perdu la main en matière de politique intérieure où il était cerné par la droite conservatrice ( Pompidou et tous les autres de l’UNR ) avec l’UDT marginalisée. Bien que la partie de son mandat entre 1965 et 1968 soit une réussite en matière de politique étrangère il aurait du se séparer de Pompidou bien plutôt et prendre un Chaban-Delmas qui était probablement plus proche sur les questions d’organisation sociale et économique notamment la participation.

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