De Gaulle : ce qu’il disait de l’Europe

Colombey-les-deux Eglises. Encore un 9 novembre à assister au pitoyable cortège des fossoyeurs du gaullisme. Encore un défilé auto-satisfait de nos gaullophiles de bazar, pour ce quarantième anniversaire de la mort du Général. Tous revendiquent leur part de dépouille, mais pas un qui ne lui parvient à la cheville et très peu qui ne piétinent pas sur sa tombe. L’Europe en est le plus bel exemple.

 La constitution européenne parachève la tragédie européiste
que redoutait l’Homme du 18 juin
 

TraiteElyseeDeGaulleAdenauer-20dd8 Colombey-les-deux Eglises. Encore un 9 novembre à assister au pitoyable cortège des fossoyeurs du gaullisme. Encore un défilé auto-satisfait de nos gaullophiles de bazar, pour ce quarantième anniversaire de la mort du Général. Tous revendiquent leur part de dépouille, mais pas un qui ne lui parvient à la cheville et très peu qui ne piétinent pas sur sa tombe. L’Europe en est le plus bel exemple.
Tout a été dit ou écrit sur l’ambition européenne du Général de Gaulle. Celui qui a réconcilié la France et l’Allemagne aurait-il signé les Traités de Maastricht, d’Amsterdam et la Constitution européenne devenue traité de Lisbonne ? Evidemment non. Nul ne peut sérieusement se réclamer du gaullisme, sans avoir relu ce que le Général déclara à ce sujet, lui qui, plus « Européen » que tous les « pères fondateurs » réunis, moins de vingt ans après le grand choc avec l’Allemagne nazie, tendit la main au chancelier et au peuple allemands afin de réconcilier nos deux pays et signer un traité historique. Sur l’Europe, il y a bien sûr les discours et les conférences de presse, bien connus, mais il y a aussi ces mille confidences et « petites phrases » croustillantes lâchées au fil des jours, devant un Alain Peyrefitte attentif et qui allait tout noter scrupuleusement, pour l’Histoire. En voici le recensement, avant de vous inviter, par un extrait choisi, à relire les chapitres sur l’Europe et le monde des « Mémoires d’Espoir » (tome I), où le général de Gaulle, parvenu au soir de sa vie, fixa davantage sa ligne.
« A quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ? » A quelle profondeur de mépris pour de Gaulle et pour l’Histoire, les militants de l’Europe de Maastricht à Lisbonne, vont-ils encore s’enfoncer ?  (http://www.observatoiredeleurope.com/)

 
 
Alain PEYREFITTE, « C’ETAIT DE GAULLE », Tome II, Extraits

· p.11

Alain Peyrefitte (AP) : … les travaux d’Hercules sont achevés. Comment se le représenter se reposant aux pieds d’Omphale ? Le train-train quotidien va l’assommer.

Malraux : N’en croyez rien. Il est le premier à savoir que toutes ces constructions sont fragiles. La ruine les guette. Il doit renforcer des structures édifiées à la hâte, et c’est un travail d’Hercule aussi. L’efficacité de l’Etat, l’indépendance de la France, l’image de la France dans le vaste univers, tout cela ne s’est fait que par une série de coups de force. Qu’il s’en aille et tout sera emporté. La IVe est toujours là, aux aguets derrière la moindres erreur. Et les Américains, et les tenants de l’Europe médiocre, et ces bourgeois rancuniers (il avale une gorgée d’un vin précieux) qui le haïssent, ils attendent tous, comme des vautours qui tournoient patiemment en attendant que la bête se couche pour mourir.

· p. 39

Le Général : « Les Européens n’auront pas recouvré leur dignité, tant qu’ils continueront à se ruer à Washington pour y prendre leurs ordres ».

Pompidou : « L’idée-clé de la philosophie du Général, c’est le respect de la dignité. A l’intérieur, la dignité des individus, des ouvriers, des paysans, des classes défavorisées. A l’extérieur, dignité des peuples, si pauvres et arriérés soient-ils, et surtout s’ils le sont. Dignité des humiliés et des offensés. »

· p.42

De Gaulle : « Nous pouvons vivre comme un satellite, comme un instrument, comme un prolongement de l’Amérique. Il y a une école qui ne rêve que de ça. Ca simplifierait beaucoup de choses. Ca dégagerait des responsabilités nationales à ceux qui ne sont pas capables de les porter. Ils pourraient faire des discours, être ministres, escorter les Américains dans les conférences »

« C’est une conception. Ce n’est pas la mienne. Ca n’est pas celle de la France. Dans son essence. Dans son essence (il répète plus haut, comme pour signifier que ce n’est pas une position personnelle.) Il nous faut mener une politique qui soit celle de la France. Notre devoir est de ne pas disparaître. Il est arrivé que nous ayons été momentanément effacés. Nous ne nous y sommes jamais résignés. Nous avons aujourd’hui le moyen de ne pas le faire. Notre substance est telle que nous pouvons être indépendants. »

« Il y a une chance à saisir pour l’Europe. La politique de l’Union soviétique et celle des Etats-Unis aboutiront toutes deux à des échecs. C’est trop fort de café. Le monde européen, si médiocre qu’il ait été, n’est pas prêt à accepter indéfiniment l’occupation soviétique d’un côté, l’hégémonie américaine de l’autre ».

« Ça ne pas durer toujours ».

« L’avenir est à la réapparition des nations. Parmi elles, il y a la nation russe et la nation américaine, mais ce ne sont pas les seules nations au monde ! Quand ? Après quelles péripéties ? Je n’en sais rien. Mais la politique d’indépendance que nous menons à sa chance »

· p. 43

DG « Finalement en Europe, il n’y a que nous pour être vraiment indépendants. Nous ne sommes pas rien. On bave sur nous mais on voudrait nous imiter. C’est vrai en Europe, en Amérique latine, en Afrique, peut-être même en Asie et même de l’autre côté du rideau de fer. A condition d’être simples, clairs, pas outrecuidants, mais fermes dans notre position. C’est là une grande politique. »

· p.44

DG « Il vaut mieux l’indépendance qu’un Marché commun vassalisé. Et même, s’il fallait choisir entre l’indépendance et le Marché commun, il vaudrait mieux l’indépendance que le Marché commun. »

· p. 72

« Vous voyez ça ? La prépondérance américaine est écrasante, et la prédominance anglo-saxonne encore plus. Tout accord avec les Etats-Unis est léonin. »

« Ce qu’on peut espérer, c’est que les Européens se mettent d’accord entre eux pour faire quelque chose tout seuls, sans les Américains, le plus vite possible. Mais nos partenaires sont-ils vraiment européens, eux qui n’ont à la bouche que l’Europe, l’Europe, l’Europe ? Il m’arrive de me demander si je ne suis pas le seul véritable Européen. »

· p.141

DG « La presse est aux basques des Américains. La plupart de nos journaux participent du parti pris des dirigeants de la IVe. S’abaisser, s’effacer, s’humilier, courber l’échine, voilà l’idéal. Abandonner sa défense, donner son économie, adopter la politique étrangère des autres, ça, c’est beau ; ça, c’est irréprochable. Depuis que la France est indépendante, la presse internationale nous vomit ! Mais les peuples nous admirent ! »

« Les nationalistes sont ceux qui se servent de leur nation au détriment des autres, les nationaux sont ceux qui servent leur nation en respectant les autres. Nous sommes des nationaux. Il est naturel que les peuples soient nationaux ! Tous les peuples le sont ! C’est la mission de la France que de soutenir les nationaux de tous les pays ! Il n’y a pas d’équilibre, pas de justice dans le monde, sans une forte nation française qui soit un encouragement pour les autres nations ! »

« C’est en servant sa patrie qu’on sert le mieux l’univers ; les plus grandes figures du Panthéon universel ont d’abord été de grandes figures de leur pays ».

· p.143

AP : « IL ne se contente pas de parler au nom de la France. Il est la France elle-même.

· p. 163

« La défense de l’Europe n’est plus une question aiguë, pour la bonne raison que personne ne se sent menacé. (…) La reconquête de l’indépendance nationale est le principal objectif de notre force nucléaire.

– AP : Vous avez évoqué une organisation européenne de défense ?

– DG : Mais non ! J’ai dit qu’il fallait une organisation politique qui comporte la coopération organisée de six Etats, c’est-à-dire la confrontation périodique des chefs d’Etat et de gouvernement, celle de leurs ministres, une commission commune qui ne soit naturellement pas constituée avec des Jean Monnet, des apatrides soi-disant supranationaux, mais avec des fonctionnaires qualifiés, qui resteront là plusieurs années et qui, en commun, prépareront des délibérations. Et puis un état-major pour discuter des affaires militaires, des fabrications d’armement et tout et tout. Voilà ce que j’ai proposé. Mais je ne propose pas ce que voudraient tous les couillons, tous les laissés pour compte de l’Europe supranationale, qui disent à la France : « A la rigueur, on peut admettre que vous fassiez des bombes atomiques, mais à condition que vous les donniez à l’OTAN, ou tout au moins à Spaak » Voilà leur maladie. Ils peuvent courir ! »

· p.284 (De Gaulle revenant d’Amérique du Sud)

DG « Les nations ne demandent qu’à s’affirmer. Elles ne seront pas toujours prêtes à abdiquer leur souveraineté aux mains des deux super-grands. (…) C’est la vocation de la France d’exercer son influence pour favoriser son mouvement. Un jour viendra où tous les pays hostiles à la domination des deux géants se dresseront pour défendre leur indépendance. Ce jour-là sera le nôtre. »

· p. 293

DG «  Et puis, l’Europe, c’était un moyen de faire des petits pays, Belgique, Hollande, ne parlons pas du Luxembourg, les égaux des grandes puissances. Dans le conseil européen, Spaak vaut le Général de Gaulle et même davantage »

« L’Europe intégrée, ça ne pouvait convenir à la France, ni aux Français… Sauf à quelques malades comme Jean Monnet, qui sont avant tout soucieux de servir les Etats-Unis. Ou alors à tous ces personnages lamentables de la IVe République. Ils trouvaient ainsi un moyen de se décharger de leurs responsabilités ! Ils n’étaient pas capables de les saisir ; alors, il fallait les repasser à d’autres. Tenir leur rang dans le monde ? Pas question ! Mettons-nous sous le parapluie. Avoir une armée et la faire obéir ? Pas question ! La donner à d’autres ! Remettre le pays debout et servir d’exemple au monde ? Pas pour eux !

« L’alibi tout trouvé, c’était l’Europe. L’excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés : l’Europe intégrée !

« Cette Europe-là, ça ne représente pas grand-chose ! C’est une poignée de phraseurs qui font la roue dans des conférences interminables, qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils font des propositions avec l’espoir qu’elles n’aboutiront pas. Ils comptent sur d’autres pour les torpiller. Mais entre-temps, ils se seront donnés des airs avantageux.

· p. 296

« Vous savez ce que ça veut dire, la supranationalité ?  La domination des Américains. L’Europe supranationale, c’est l’Europe sous commandement Américain. Les Allemands, les Italiens, les Belges, les Pays-Bas sont dominés par les Américains. Il n’y a que la France en Europe qui ne soit pas dominée. Pour la dominer aussi, on s’acharne à vouloir la faire entrer dans un machin supranational aux ordres de Washington. De Gaulle ne veut pas de ça. Alors, on n’est pas content, on le dit à longueur de journée, on met la France en quarantaine. Mais plus on veut le faire, et plus la France devient un centre d’attraction. Vous nous voyez avaler la supranationalité ? La supranationalité, c’était bon pour les Lecanuet ! »

· p. 383

« La commission vous attend comme une araignée dans sa toile »

« Des sommes gigantesques vont s’accumuler et on va les confier à qui ? A des individus qui sont nommés par les gouvernements mais qui prêtent aussitôt serment de ne pas en recevoir d’instructions et ne sont donc même pas responsables devant eux. On va inventer un pouvoir absolument arbitraire et technocratique, avec un argent fou ; et pour le contrôler, on va avoir une institution aussi artificielle que l’assemblée de Strasbourg. C’est-à-dire quoi ? En réalité une amicale de parlementaires qui n’ont de comptes à rendre à personne. Avant de construire une institution, nationale ou pas, il faut savoir qui sera responsable de quoi et devant qui. »

 


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L’extrait qui suit des « Mémoires d’Espoir » (1970) décrit très exactement ce qu’est devenue l’Union européenne dans les années 1990-2000.
L’Europe de de Gaulle ou celle de Monnet répondent à des postulats opposés : la première veut partir des réalités nationales européennes pour les faire agir de concert dans une Union ; la seconde espère « la fin des nations » pour bâtir un super-Etat. 
La seconde l’a emporté, à l’initiative de ceux-là mêmes qui défilent sur les plateaux télé et au mémorial de Colombey pour s’accaparer un peu de la mémoire du plus grand des Français.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

« Ainsi commencée, la mise en œuvre du Marché commun va donner lieu à un vaste déploiement d’activités, non seulement techniques, mais aussi diplomatiques.

En effet, l’opération, indépendamment de sa très grande portée économique, se trouve enveloppée d’intentions politiques caractérisées et qui tendent à empêcher la France de disposer d’elle-même.

C’est pourquoi, tandis que la Communauté se bâtira dans les faits, je serai, à plusieurs reprises, amené à intervenir pour repousser les menaces qui pèsent sur notre cause

La première tient à l’équivoque originelle de l’institution.
Celle-ci vise-t-elle – ce qui serait déjà beaucoup ! – à l’harmonisation des intérêts pratiques des six Etats, à leur solidarité économique vis-à-vis de l’extérieur et, si possible, à leur concertation dans l’action internationale ?
Ou bien est-elle destinée à réaliser la fusion totale de leurs économies et de leurs politiques respectives afin qu’ils disparaissent en une entité unique ayant son Gouvernement, son Parlement, ses lois, et qui régira à tous égards ses sujets d’origine française, allemande, italienne, hollandaise, belge ou luxembourgeoise, devenus des concitoyens au sein de la patrie artificielle qu’aura enfantée la cervelle des technocrates ?
Il va de soi que, faute de goût pour les chimères, je fais mienne la première conception
 
 
 
 
 
 

Mais la seconde porte tous les espoirs et toutes les illusions de l’école supranationale.
Pour ces champions de l’intégration, l’ « exécutif » européen existe déjà bel et bien : c’est la Commission de la Communauté économique, formée, il est vrai, de personnalités désignées par les six Etats, mais qui, cela fait, ne dépend d’eux à aucun égard.
A entendre le chœur de ceux qui veulent que l’Europe soit une fédération, quoique sans fédérateur, l’autorité, l’initiative, le contrôle, le budget, apanages d’un gouvernement, doivent désormais appartenir, dans l’ordre économique, à ce chœur d’experts, y compris – ce qui peut être indéfiniment extensif – au point de vue des rapports avec les pays étrangers.
Quant aux ministres « nationaux », dont on ne peut encore se passer pour l’application, il n’est que de les convoquer périodiquement à Bruxelles, où ils recevront dans le domaine de leur spécialité les instructions de la Commission.
D’autre part, les mêmes créateurs de mythes veulent faire voir dans l’Assemblée, réunissant à Strasbourg des députés et des sénateurs délégués par les Chambres des pays membres, un « Parlement européen », lequel n’a, sans doute, aucun pouvoir effectif, mais qui donne à l’ « exécutif » de Bruxelles une apparence de responsabilité démocratique.
A quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ?
A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l’Europe devrait faire et ce qu’ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ?
Pour les Six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain commun, alors que leur origine, leur situation, leur ambition, sont très différentes ?
 
 

Extrait des « Mémoires d’Espoir », Plon, 1970

 

 

6 commentaires sur De Gaulle : ce qu’il disait de l’Europe

  1. l’Europe comme elle bâtit avec nos Europèistes ne peut pas fonctionner<; ce n'est pas l'europe des très riches et des très pauvres, ce n'est pas de tout supprimer c'est refondre avec les autres pays de l'Europe des valeurs pour tous les citoyens dans toutes les catégories ce n'est pas une Europe de la corruption, de l'insécurité, du chômage, du pouvoir d'achat, des impôts et des taxes, des politiques plus nombreux qui nous coûtent chers, et au final d'un grand déficit, il faut bâtir une Europe du commerce et que nos entreprises françaises n'aillent pas travailler à l'extérieur de l'Europe faire travailler des esclaves pour leur grand profit personnel et leurs marchandises de guenilles revendues hors prix dans les pays d'Europe. Il faut une autre Europe et bien fondée sinon revenons comme avant..

  2. Mais certains ont le culot de sous-entendre que le Général de Gaulle serait d’accord avec t ce qui se passe actuellement. Ce blog par exemple : http://www.saladelle.fr

  3. Pirre Bellenger // 29 décembre 2010 à 12 h 17 min //

    Le commentaire 3 est resté sans réponse. Il n’y a pas encore de regroupement des authentiques gaullistes. Ceux qui ont adopté la Pensée-Unique sont toujours en place. Quand comprendront-ils qu’on ne peut à la fois être gaulliste et adopter la Pensée-Unique. Ce sont deux idées absolument opposées, contradictoires. Comment une telle absurdité peut se maintenir ?
    Pourtant, pour sortie de la déchéance dans laquelle nous nous enfonçons, il n’y a que les gaullistes qui ont les outils pour le faire. On ne peut marier indéfiniment le système politique Démocratie avec le système économique Pensée-Unique. La démocratie en mourra ; elle est déjà bien malade !
    Pierre.Bellenger@wanadoo.fr

  4. Pierre Bellenger // 23 novembre 2010 à 11 h 56 min //

    Il existe donc des gaullistes qui n’ont pas trahi de Gaulle ? Des gaullistes qui ont un sens précis de la Souveraineté Nationale (que d’autres appellent la Primauté du Politique), qui ont un sens exact de la Primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers ! Et ils n’auraient pas d’association qui les regroupent, qui affirmerait haut et fort ce qui les distinguent de tous ces gaullistes qui ont adopté la Pensée-Unique, l’anthèse de la Pensée du Général ! Est-ce possible ? Je serai heureux d’entrer en contact avec quelques uns de ces gaullistes.
    Pierre.Bellenger@wanadoo.fr

  5. Jacques Payen // 15 novembre 2010 à 17 h 33 min //

    Comment ne pas vous approuver M. Greismar ! Oh combien ! En quelques mots, vous dites bien dans quel piège paralysant, sclérosant est tombé notre pays !

    Mais cela revient aussi, soyons honnêtes, à poser les responsabilités des gouvernants « gaullistes » (ou prétendus) dès le début des années 70 ! Et partant à condamner la politique menée par M. Chirac pendant 12 ans, politique à laquelle fut étroitement associé de Villepin.

    Ne pas tirer les leçons de l’Histoire serait nous paralyser d’avantage.
    Si un sursaut survient, il viendra des profondeurs du peuple. Pas de ceux qui se sont associés à la paralysie !

  6. GRIESMAR Denis // 15 novembre 2010 à 12 h 14 min //

    Il est bien clair que, pour De Gaulle, l’ « Europe » n’était qu’un cadre de concertation entre Nations indépendantes et souveraines, ou bien une coquecigrue servant à masquer une vassalisation vis-à-vis des Etats-Unis.
    Toutes choses égales d’ailleurs, il était plus intelligent d’essayer de s’entendre avec l’Allemagne que d’être obligés de lui faire périodiquement la guerre. Mais à partir du moment où ladite Allemagne montrait qu’elle préférait sa relation avec les Etats-Unis à son partenariat avec la France (préambule du Traité de 1963), il fallait regarder ailleurs, plus loin, reprendre la politique traditionnelle des rois de France, tendre la main à Soliman, au Tsar de toutes les Russies, etc … Et surtout, ne pas se laisser, tel un Gulliver avec les nains, paralyser par la soi-disant nécessité de (soi-disant) « construire » la (soi-disant) « Europe » …

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