Manuel Valls : « Les Insoumis et les Verts propagent une haine des forces de l’ordre »

« Parler de ‘‘police raciste’’ , de ‘‘police qui tue’’, c’est abject. Je dénonce ces récupérations politiques dangereuses pour notre démocratie », affirme Manuel Valls. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

ENTRETIEN – Après la mort d’un adolescent tué mardi par un policier lors d’un refus d’obtempérer, l’ex-premier ministre fustige des réactions « abjectes ». Selon lui, « les gauches irréconciliables sont désormais séparées par des abîmes ». Après le « drame » de Nanterre, l’ex-premier ministre PS fustige les Insoumis et les Verts qui « propagent une haine des forces de l’ordre ». Il juge « irresponsable » un éventuel changement de la loi de 2017, qui élargit le cadre d’action des forces de l’ordre face aux refus d’obtempérer.

LE FIGARO. – (Par Loris Boichot) Après la mort d’un jeune de 17 ans tué mardi à Nanterre par un policier lors d’un refus d’obtempérer, craignez-vous de nouvelles émeutes ?

Manuel VALLS. – Aucun d’entre nous ne peut être insensible à la mort d’un gamin de 17 ans. C’est un drame. J’ai été bouleversé par les mots de sa mère. La famille de Nahel et la société ont le droit à une réponse claire, et si possible rapide, sur ce qui s’est exactement passé. Nous sommes dans un État de droit.

La justice est saisie. Les plus hautes autorités de l’État ont exprimé leur compassion et le devoir de vérité. Le policier a été placé en garde à vue. Des sanctions administratives et judiciaires sont possibles si sa faute est avérée. Certes, il y a une vidéo, mais la justice ne s’exerce ni sur les réseaux sociaux ni dans la rue. J’ai le vertige face à certaines déclarations du monde politique ou de la société civile.

Rien ne peut justifier ces violences urbaines. Elles sont inacceptables. Ce sont des récupérations qui ne visent pas à exprimer une émotion légitime, mais à mettre en cause l’État de droit et à détruire des services publics précieux pour les habitants des quartiers populaires.

Redoutez-vous une « américanisation de la police », comme l’indiquent les Verts ?

Parler « d’américanisation de la police », de « police raciste », de « police qui tue », c’est abject. Sans même attendre la moindre conclusion judiciaire, une partie de la gauche lance une véritable vendetta à l’encontre de la police. Je dénonce ces récupérations politiques dangereuses pour notre démocratie. Elles attisent la violence. J’aimerais lire les mêmes indignations quand des policiers sont tués.

À juste titre, certains évoquent l’« ensauvagement » et la « décivilisation » de la société française. La hausse des homicides ou des tentatives d’homicides en est l’un des symptômes. Les policiers effectuent un travail remarquable et difficile, en luttant contre le terrorisme, la délinquance quotidienne, le crime organisé et les manifestations violentes.

Ils sont en permanence sous pression. Personne ne peut l’ignorer. Le pays a besoin d’ordre, assuré par une police dont chacun puisse être fier, impeccable quant au respect de la déontologie. C’est le cas de l’immense majorité des policiers et des gendarmes.

Faut-il revoir la loi de 2017 sur les refus d’obtempérer, comme le demande un pan de la gauche ?

Changer la loi de 2017 serait irresponsable. J’avais évoqué des « gauches irréconciliables ». Celles-ci sont désormais séparées par des abîmes. D’un côté, il y a ceux qui ont gouverné, qui ont fait face au terrorisme et qui ont changé la loi pour protéger les policiers. De l’autre, il y a les Insoumis et les Verts qui utilisent des événements dramatiques pour propager une haine des forces de l’ordre.

Les refus d’obtempérer, et l’utilisation de voitures comme des armes, sont un reflet de la violence contre les forces de l’ordre. N’oublions pas cette réalité. C’est la gauche de gouvernement qui a assoupli les conditions d’emploi du feu par les policiers, pour les aligner sur celles des gendarmes après le drame de Viry-Châtillon à l’automne 2016.

Les principes d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité restent en vigueur. Les policiers y sont formés. Si ces conditions d’emploi des armes n’ont pas été respectées lors du drame de Nanterre, alors il faudra sanctionner ce policier. Mais une faute, aussi insupportable soit-elle, ne doit pas jeter le discrédit sur tous les fonctionnaires qui assurent notre protection.

Jugez-vous que le PS a délaissé l’autorité ?

Quand une partie de la gauche abandonne l’idée même de l’ordre républicain, elle perd toute capacité de convaincre les Français. Le rôle de l’État est de lutter contre toutes les formes de violences. Il n’y a pas de liberté sans ordre. C’est pour cela que je soutiens l’interdiction des Soulèvements de la Terre, comme de tous les mouvements d’extrême gauche et d’extrême droite qui mettent en cause les valeurs républicaines.

6 commentaires sur Manuel Valls : « Les Insoumis et les Verts propagent une haine des forces de l’ordre »

  1. Jean-Dominique Gladieu // 4 juillet 2023 à 15 h 42 min //

    On se demande un peu ce que Valls vient faire ici.
    Ce petit fils de franquiste se sentait peut-être mal en Espagne alors il a débarqué en France où il a fini par se faire jeter.
    Qu’à cela ne tienne, il est allé tenter de se faire élire maire de Barcelone mais s’est pris une « RRRaoullle » !
    Sans complexe, il a repassé les Pyrénées pour se rappeler au souvenir du chérubin de St-Honore (selon l’exquise expression de notre ami Baer) qui l’a superbement ignoré.
    Bon, il faut que les inexistants existent. Alors, puisqu’il parle, voyons ce qu’il dit.

    1) Rien ne peut justifier les violences urbaines.
    On pourrait lui répondre : rien ne peut justifier les bavures policières.
    Ceci étant, dans les 2 cas (violences urbaines et bavures policières), il faut d’abord en rechercher les causes si on veut trouver une solution … Mais Valls cherche-t-il une solution ou se faire voir ?

    2) Ce sont des récupérations qui visent à mettre en cause l’état de droit.
    Valls n’a jamais défendu que le droit de l’état !
    Le mot état ne veut pas dire grand-chose. Parlons plutôt de pouvoirs publics, d’institutions politiques et de fonction publique.
    En démocratie, ce sont les pouvoirs publics, les institutions politiques et les les fonctionnaires publics (dont notamment les policiers) qui sont au service des Citoyens et non l’inverse.
    Et ceci dans le but de faire fonctionner un ordre social fondé sur l’égalité des droits et sur l’équitable répartition entre tous des richesses produites par le travail, l’activité et l’investissement de chacun.
    Et le rôle des « Forces de l’Ordre » est de maintenir cet ordre juste.
    Si elles devient de leur mission, elles doivent rendre des comptes.

    3) Sur la loi de 2017.
    « Assouplir  » les conditions d’emploi des armes à feu comme cela a été fait en 2017, facilite la tâche des maniaques de la gâchette.
    Mais, il faut aller si loin.
    S’il existe dans la politique ces des maniaques de la gâchette, il faut s’interroger d’une part sur ceux qui les ont recrutés et d’autre part sur le contenu de la formation que reçoivent les aspirants policiers.

    4) Sur les « valeurs » républicaines.
    N’ayant aucun goût pour la Bourse et son vocabulaire nauséabond, j’abandonne volontiers à Valls le mot « valeur » et préfère celui de principe.
    Mais Valls a-t-il des principes ?
    Quant à République, ce mot a été mis à tant de sauces qu’on en a perdu la signification.

    Pour finir, notre bon Grand Charles doit bien rigoler en nous regardant gesticuler !

  2. Gaullisme.fr produit des articles de bon sens sans s’interdire des sensibilités diverses.

  3. Mais putain, qu’est ce que valls vient fiche ici !? Gaullisme.fr ne doit pas être le bulletin paroissial, la feuille du singe. Cela doit être les cimes.

  4. L’ex premier ministre, aussi sympathique doué et talentueux soit-il, est mal placé pour commenter quoi que ce soit d’une situation dont il est lui-même responsable.

  5. Suite à la mort par balle du jeune homme de 17 ans à Nanterre , permettez moi de livrer à votre aimable et indulgente lecture le commentaire ci après développé.
    Dans une majorité de domaines politico économiques et sociaux, bon nombre de politicards ont le chic pour entretenir la confusion stérile entre causes et conséquences. La mort atroce de ce jeune n’est que la conséquence d’actes qui ont précédé l’instant où la vie lui fût arrachée et la Justice jugera cette funeste conséquence qui a mis fin prématurément au devenir rempli d’espoirs de cet adolescent. S’attaquer aux causes qui ont précédé cette épouvantable fin de vie , qui donc s’y intéressera avec discernement et intelligence et pourrait ainsi conduire à mettre en lumière les modes de défaillance de nos comportements humains pour en mieux maitriser les conséquences et les drames qui souvent en découlent, comme cette fois ci à Nanterre ?
    Comme pour le savant Blaise PASCAL ,remonter des Conséquences aux Causes serait assurément la meilleure manière de maîtriser les mécanismes des activités humaines les plus complexes .
    Pour ne plus vivre de telles horreurs, pour ne plus confondre conséquences et causes où en limiter la survenance , nous devons certainement faire des progrès dans nos modes de pensées et les politicards ne sont certainement pas les mieux disposés s’y atteler. En effet, s’il est relativement aisé et rapide de statuer sur les conséquences d’un événement, quel qu’il soit, il est par contre beaucoup plus complexe et difficile d’en analyser les causes et les délais pour y parvenir sont nécessairement beaucoup plus longs pour un effet politique immédiat

  6. ben-ahnen // 29 juin 2023 à 16 h 31 min //

    L’ex Ministre de l’Interieur est maintenant à « l’Exterieur » si je puis dire.Pourquoi n’est il pas resté à son poste pour participer aux formulations,definitions des lois et reglements pour apaiser la Société?

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