De Gaulle et le SAC : rétablir la vérité !

Certains journalistes dans l’obligation de traiter le sujet « affaire Benalla » se sont autorisés à la mettre en parallèle  la création et la vie du SAC. L’excellent article du Figaro rétablit la vérité. Je vous en conseille la lecture et la diffusion.

Alain Kerhervé (gaullisme.fr)

 

Ce qu’était vraiment le Service d’action civique


FIGAROVOX/ENTRETIEN – Spécialiste du Service d’action civique, François Audigier revient sur l’histoire de ce groupe de sécurité qui entourait le Général De Gaulle, et porte son regard sur l’affaire Benalla.

François Audigier est historien, spécialiste du gaullisme et plus particulièrement des réseaux proches de l’homme du 18 juin. Il a publié Histoire du S.A.C. La part d’ombre du gaullisme (Stock, 2003) et publiera en octobre prochain « Les Prétoriens du Général, Gaullisme et violence politique de 1947 à 1959 », aux Presses universitaires de Rennes.


FIGAROVOX.- Le Service d’action civique (SAC) est souvent perçu comme la police parallèle du régime gaulliste, parfois aussi comme un rassemblement de «barbouzes». Était-ce le cas, ou bien avions-nous affaire à une structure politique à part entière?

François AUDIGIER.- Le Service d’Action Civique (SAC), créé en décembre 1959 et dissout en 1982, prend la suite du service d’ordre (SO) du parti gaulliste d’opposition de la IVe République, le Rassemblement du peuple français (RPF). On y retrouve grosso modo les mêmes responsables (à commencer par le fondateur du SAC, Pierre Debizet, qui faisait partie des chefs du SO du RPF) et les mêmes méthodes en matière de protection des meetings. Le contexte politique a simplement changé: de Gaulle est désormais revenu au pouvoir et il faut donc protéger le chef de l’État et son régime. On serait tenté de penser que les forces de l’ordre officielles y suffisent mais les gaullistes, qui ont été espionnés par les services policiers sous la IVème République (RG et DST), ne sont pas sûrs politiquement de la police et souhaitent disposer, de leur propre dispositif militant de sécurité.

Selon la même logique, de Gaulle à l’Élysée est protégé par quatre «gorilles» (Tessier, Comiti, Djouder, Auvray) qui en plus d’être officiellement les gardes du corps du Président, font partie du bureau national du SAC. Ce qui pour nous aujourd’hui relèverait d’un mélange des genres discutable est perçu différemment par les intéressés à l’époque.

Lire la suite sur le document au format PDF : SAC et Benalla

5 commentaires sur De Gaulle et le SAC : rétablir la vérité !

  1. De Gaulle a eu besoin du S.A.C. pour se défendre contre l’O.A.S. qui tentait de l’assassiner, mais ensuite il aurait dû dissoudre ce S.A.C. Celui-ci devient dangereux lorsque le neveu d’un officier de la Waffen SS devient Président de la République.Georges Pompidou n’était certes pas coupable de l’engagement de son oncle Frédéric Pompidou sous l’uniforme nazi . Par contre il est coupable de s’être enrouré des anciens dirigeants du RNP . Il parlait de réconcilier les français en essayant de gracier Touvier dont les crimes contre l’humanité n’étaient pas graciables. Son courage dans le combat contre la maladie est connu , mais il n’excuse pas sa dérive réintégratrice de l’extrême-droite dans sa droite dure en rupture avec les gaullistes de Jacques Chaban-Delmas.
    Par intérêt personnel , Jacques Chirac s’est laissé porter vers les plus hautes cimes d’un pompidolisme fascisant , mais en attendant l’opportunité de se recentrer. Son recentrage gaulliste a fait de lui la bête noire des pompidolâtres et des lepénistes.
    Le S.A.C. tiraillé à hue et à dia est devenu un sac de noeuds avec un final en étripages

  2. Jean-Dominique GLADIEU // 31 juillet 2018 à 16 h 15 min //

    Il me parait donc clair, d’après les propos de Flamant Rose et d’Alain Kerhervé, qu’il faut distinguer le SAC sous De Gaulle du SAC post-De Gaulle.
    Dans la première période, il s’agit d’appuyer la politique du Général, notamment vis à vis de l’Algérie. Et dans une période trouble, il peut se passer des « épiphénomènes ». Mais le SAC n’en a pas le monopole.
    Après le départ du général, il semble que l’on assiste à une dégénérescence du SAC dont le point d’orgue est Auriol.
    Ceci dit, dommage qu’on ait pas retrouvé les archives de Debizet dont parle Flamand Rose.

  3. Il est effectivement important de bien différencier certaines périodes. Du temps du Général, les membres sont effectivement attachés à la personne de Charles de Gaulle, dans une période plutôt problématique en termes de sécurité pour le Général. Mais plus tard, après la disparition du Général, les militants du SAC n’ont plus la fibre originelle. La suite le montrera.

  4. « Ce qui pour nous aujourd’hui relèverait d’un mélange des genres discutable est perçu différemment par les intéressés à l’époque. »
    La question posée par Mr François Audigier est certainement maladroite car le mélange des genres fait partie aussi du comportement de nos responsables politiques d’aujourd’hui ,quoi qu’ils s’en défendent, y compris dans le fonctionnement de nos collectivités où se mêlent « joyeusement » les participations du public et du privé au travers de financements mêlés, voire croisés, et d’emplois dont on a peine à cerner qui fait quoi et sur quel financement . Il y a donc encore beaucoup de travail à accomplir, voire affronter une mission quasi impossible à réaliser en France, pour étancher la sphère des intérêts publics des intérêts privés et pour éviter le copinage au prétexte d’une compétence qui n’existerait pas dans le public et pour mettre un terme au  » pantouflage » de hauts serviteurs de l’Etat dans des entreprises privées une fois mis à la retraite ou en disponibilité voire en congés!

  5. Flamant rose // 31 juillet 2018 à 9 h 34 min //

    J’ai des points de désaccord avec cet article. Tout d’abord le SAC n’a pas été fondé par Pierre Debizet mais par Jacques Foccart, Dominique Ponchardier et Roger Frey . Debizet en a ensuite pris la direction, il est détenteur de la croix de guerre à 23 ans et surnommé « le colonel » ou encore « gros sourcils ». Le recrutement des adhérents est sérieux, difficile, n’ y entre pas qui veut, il n’y a aucune condition de religion ou de couleur de peau, bien sûr il faut être gaulliste. Généralement sont recrutés des anciens résistants, des policiers, en retraite ou pas, les vétérans des guerres coloniales bref des gens qui ont le sens de l’honneur et qui sont là pour servir. Les nouveaux adhérents doivent prêter serment sous la forme : » Je prends l’engagement solennel d’obéir sans discussion à mes chefs…Si je trahis, j’accepte d’avance de subir les châtiments corporels réservés aux traîtres ».

    Puis, le journaliste auteur de l’article pose la question de savoir si le SAC comportait des voyous ou des mafieux en son sein. Bien sûr que oui même si au début ce n’était pas le cas et la tuerie d’Auriol signera la mort du SAC. Après la démission de Debizet, c’est Comiti qui va lui succéder et c’est à partir de cette période que faute de militants le recrutement se dégrade et c’est ainsi que l’on voit arriver des voyous, des escrocs de plus ou moins d’envergure jusqu’au jour ou le S.A.C est carrément gangrené par le milieu. La démission du général de Gaulle en 1969 entraîne celle de Comiti et le retour de Debizet. La gangrène est telle que même Pompidou ignore que son chauffeur Mathieu Mattei chef du S.A.C à Grenoble est aussi le patron du milieu grenoblois. Il l’apprendra lorsque Mattei sera abattu.

    Ensuite l’auteur de l’article écrit que l’on manque de sources, les archives policières et judiciaires étant inexistantes ou non accessibles et les témoignages difficiles. Pourquoi ? Tout simplement parce que Debizet qui avait prévu la victoire de Mitterrand en 1981avait placé le fichier des adhérents en un endroit tenu secret et jamais été découvert.

    Pour avoir participé à de nombreuses campagnes électorales dans les mouvements gaullistes ou issus de ce mouvement, je peux dire que les possesseurs de la carte du SAC protégeaient les afficheurs et certains étaient armés. Cette carte était de couleur blanche pour le militant de base, rouge pour le responsable départemental, orange pour le responsable régional et couleur or pour les membres du bureau national et pour les « chargés de mission ».

    Le 18 juillet 1981 dans les Bouches du Rhône , dans la commune d’Auriol une bavure se transforme en drame. Cinq membres de la famille Massié sont massacrés et un enfant de 7 ans est achevé à coups de couteaux; Plus tard lorsque Jacques Massié, 41 ans et inspecteur stagiaire, rentre chez lui il sera à son tour poignardé. Tous les acteurs de ce massacre ont été condamnés et ont ensuite retrouvé la liberté. Cette tuerie est à l’origine de la dissolution du S.A.C prononcée en conseil des ministres le 3 août 1982. Debizet a été inculpé et bénéficié d’un non lieu, il est décédé au mois de mai 1996.

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