Le dernier discours de Charles de Gaulle

 

  • 2 février 1969, place de la Résistance, le général de Gaulle prononce son dernier discours face aux flèches de la cathédrale.
    Le président de la République annonce le référendum sur la régionalisation. Il y lança également le Plan routier breton.

 

 

 Archive Ouest-France

La visite

Il y a quarante ans, le 2 février 1969, 8 000 personnes massées place de la Résistance écoutaient le dernier grand discours public du général de Gaulle. Il était arrivé la veille par hélicoptère de Brest, se posant à Bénodet, après avoir survolé le site du futur pont de Cornouaille. Pour sa quatrième visite officielle, il arrive à 17 h à Quimper. Le général de Gaulle reçoit jusqu’à 19 h 30 dans le bureau du préfet avant un dîner préparé par le chef cuisinier de l’hôpital, Maurice Chatillon.

La mairie

Après une nuit à la préfecture et une messe dite à la cathédrale par Mgr Barbu, le général De Gaulle se rend à l’hôtel de ville, suivi par deux cents journalistes.

Sur place l’attendent le maire, Léon Goraguer, le bagad de l’hôpital, les enfants des Pintiged Fouen et des Eostiged ar Stangala : « Quimper est le coeur, l’esprit l’âme de notre Bretagne », glisse le visiteur au maire.

Le discours

Il est resté dans les mémoires car Charles de Gaulle y annonçait le référendum sur la régionalisation et la transformation du Sénat, dont l’échec devait l’amener à quitter le pouvoir trois mois plus tard. C’est également lors de ce discours qu’il confirme le Plan routier breton. «  Voici que les décisions sont prises pour que deux routes à quatre voies pénètrent la péninsule jusqu’à Brest, l’une au nord, l’autre au sud, et qu’une route à trois voies lui serve d’axe central. « 

La phrase en breton

On ressort régulièrement l’enregistrement des quelques phrases prononcées en breton lors de son discours radiodiffusé : « Va c’horf zo dalc’het, med daved hoc’h nij va spered, Vel al labous, a denn askel, Nij da gaout e vreudeur a bell. » Il s’agissait des vers écrits 105 ans plus tôt par son grand-oncle, le celtisant Charles de Gaulle : Mon corps est retenu mais mon esprit vole vers vous, comme l’oiseau à tire d’aile vole vers ses frères qui sont au loin.
 
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Alors que Charles de Gaulle annonce le référendum du 27 avril 69, j’entame à 21 ans ma première campagne militante sur le terrain.  Adhérent à l’UJP (jeunes gaullistes) depuis 1967, je n’ai jamais eu l’occasion de mener campagne pour le Général.  En effet, alors que mai 68 aurait pu être l’occasion d’un engagement sur le terrain, je suis consigné à Angoulême où je fais mes 16 mois de service national. 

Pendant ces évènements, je suis avec beaucoup d’assiduité l’actualité particulièrement brulante : les manifestations, notamment à Paris, les grèves paralysant la France, les accords de Grenelle, la gauche qui veut « ramasser » le pouvoir, la réaction des gaullistes à Paris, mais aussi en province… 

A Angoulême, tous les jours, je lis (quand il parait) le journal gaulliste « La Nation » que je partage avec mon colonel, et le 30 mai, je participe à la manifestation en faveur du Général (ce qui me vaut une « engueulade du colonel », mais prodiguée avec un sourire de circonstance et encourageant après le sursaut du Chef de l’Etat au retour de Baden-Baden).

Jusqu’au 27 avril 69, tractage, collage, meeting sont les préoccupations majeures du jeune gaulliste que je suis, notamment à Champigny sur Marne, commune communiste. Et le 27 avril au soir, c’est la colère. De gaulle perd son dernier combat. Il a été trahi par une partie de son électorat, le plus riche, le plus nanti, celle qui a suivi Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien ministre du Général, et qui restera pour toujours celui qui a poignardé le Général. 

Aujourd’hui, 41 ans plus tard, je suis resté le même militant gaulliste de conviction, je défends toujours pour les mêmes idées… Et j’en suis fier.

Alain KERHERVE

 

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