L’amiral de Gaulle souffle ses cent bougies

Alors que tous les candidats à la présidentielle y vont de leur révérence gaullienne, son fils Philippe, centenaire, republie ses Mémoires.



Tous les compagnons de la Libération ont passé l’arme à gauche. Tous les derniers témoins s’en sont allés. Mais il demeure, fidèle au poste, cinquante et un ans après la mort de son père. L’amiral Philippe de Gaulle peine à se déplacer, navigue entre une maison de retraite à Neuilly et son domicile, mais ce mardi 28 décembre, il fête ses 100 ans, bien entouré par sa famille, après avoir mis une dernière main à la nouvelle édition de ses Mémoires, réunis en un seul volume et dont la parution est prévue pour le 13 janvier (éd. Bouquins).

Des souvenirs qu’il avait élégamment et modestement intitulés Mémoires accessoires lors de leur publication en deux volumes à la fin des années 1990 chez Plon, l’éditeur des Mémoires de son père – un adjectif qui rimait aussi idéalement avec les Mémoires d’espoir du général. Il y a ajouté notamment comment l’État français socialiste fut particulièrement pingre avec lui concernant sa retraite, en 1983.

À sa naissance, le 28 décembre 1921, le général de Gaulle n’était encore qu’un jeune capitaine, de retour de Pologne, où il avait fait partie de la mission française chargée de soutenir les Polonais face à la Russie bolchevique. Marié le 7 avril 1921 avec Yvonne Vendroux, il avait tout juste commencé à donner des cours d’histoire à l’École de Saint-Cyr tout en préparant son admission à l’École supérieure de guerre, qui allait déterminer le reste de sa carrière.

Premier compagnon du général

Le jeune Philippe suit ses parents en Allemagne et au Liban, il suit aussi les traces de son père militaire, mais choisit une autre arme, la marine : à 18 ans, se préparant à entrer à l’École navale, son concours d’admission est perturbé par la débâcle. Il le passera à Londres, après avoir rejoint son père, dès le 19 juin, sans avoir entendu l’appel qu’il avait lancé la veille.

Après Geoffroy Chodron de Courcel, il fut donc le premier compagnon de son père. Si le Général y avait consenti, il aurait pu être, compte tenu de sa brillante guerre, de la Manche où il effectua de nombreuses patrouilles sur des navires anglais et français, jusqu’à Berchtesgaden en mai 1945, le 1 047compagnon de la Libération, et donc le dernier vivant aujourd’hui, celui à qui l’on rendrait un hommage national à son décès.

Reddition des Allemands

C’eût été un joli clin d’œil du destin pour cet homme qui avait choisi la marine pour prendre le large et se libérer, en vain, de l’ombre omniprésente de son père. Malgré une carrière irréprochable et un parcours politique tardif comme sénateur RPR de Paris, on retient davantage le mémorialiste du Général, dont il a aussi classé, après sa retraite en 1983, les milliers de papiers à remettre aux archives.

Le dernier hommage qu’il a reçu remonte à 2019 au Palais-Bourbon, en souvenir du 25 août 1944 : âgé de 22 ans, commandant alors un peloton d’un régiment blindé de fusiliers-marins de la 2e DB, il était venu seul, à la demande de son père, négocier la reddition des Allemands retranchés dans l’Assemblée nationale. Une mission périlleuse accomplie sans donner bien sûr son nom.

François-Guillaume Lorrain

1 commentaire sur L’amiral de Gaulle souffle ses cent bougies

  1. Dêvacoumarane VILLEROY // 29 décembre 2021 à 12 h 40 min //

    Je souhaite un Heureux Anniversaire et une Bonne Année 2022 à l’amiral Philippe De Gaulle.
    Dêva KOUMARANE VILLEROY
    (Originaire de Pondichéry. Mon oncle maternel a répondu à l’Appel du 18 juin 1940.)

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