Ne pas baisser les bras

Construisons la France de demain

Le 23 avril 2017, au premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan rassemblait sur son nom 1.695.000 suffrages, soit 4,7% des votants. Ce résultat, plus qu’honorable, amenait le fondateur et président de Debout la France à un niveau encore jamais atteint. C’était, enfin, la concrétisation et la consécration de la ligne obstinément et courageusement suivie par celui qui était encore notre candidat. Une ligne claire, indépendante, cohérente, et par-dessus tout une ligne droite.

Le 11 juin 2017, au premier tour des élections législatives, les quelque 400 candidats qui portaient les couleurs de Debout la France, ne recueillaient au total que 280.000 voix, soit 1,1% des suffrages exprimés. De ce fait, le mouvement était ramené des années en arrière, à son niveau le plus bas, en deçà même du modeste pourcentage obtenu par Nicolas Dupont-Aignan lors de l’élection présidentielle de 2012. Des années d’espoir aboutissaient à ce recul, des années d’effort étaient réduites à néant. 84% des électeurs qui avaient choisi DLF six semaines plus tôt s’en étaient repentis ou en tout cas détournés. Quelques explications qui en aient été données, quelques excuses qui aient été avancées, il faudrait être aveugle ou de bien mauvaise foi pour ne pas voir dans cette déroute la sanction de l’alliance contre nature hâtivement passée par Nicolas Dupont-Aignan avec le Front national de Marine Le Pen, de la ligne suicidaire qu’il prétendait faire avaliser par les siens, de cette ligne incompréhensible, illisible, incompatible avec les valeurs qu’il avait soutenues jusqu’alors, de cette ligne extrêmement droitiste, de cette ligne brisée.

La France que nous voulons, la France que nous construirons est une France libre, une France fière, une France forte, mais qui ne renoncerait pas à être une France juste, une France humaine, une France ouverte, une France de nouveau confiante dans son avenir.

Cadres, militants, adhérents, pour certains fidèles à Nicolas Dupont-Aignan dès l’origine même de son mouvement, pour la plupart engagés à ses côtés depuis des années, sympathisants ou électeurs, nous ne pouvions le suivre et nous ne l’avons pas suivi sur le chemin tortueux où il s’est fourvoyé. La dérive qu’il a amorcée et qu’il poursuit en dépit de molles dénégations le conduit inexorablement, affaibli et discrédité, à n’être plus qu’un pion sur l’échiquier, un acteur parmi d’autres de la grande manœuvre politicienne qui, au prétexte de faire   l’Union des droites, vise à regrouper tout ce qu’il y a de plus réactionnaire, de plus régressif, et finalement de plus extrémiste dans notre paysage politique. Entreprise fatalement vouée à l’échec et qui, dans le meilleur des cas, ne peut que créer une atmosphère d’hystérie, voire un climat de guerre civile qui n’est pas ce que nous souhaitons à notre pays.

Nous croyons quant à nous plus nécessaire et même plus urgente que jamais la poursuite de ce que nous avions entrepris, la permanence, la persistance et le développement de ce courant de pensée et d’action patriote, humaniste, solidaire et démocratique qui nous avait semblé s’incarner dans Debout la France. La France que nous voulons, la France que nous construirons est une France libre, une France fière, une France forte, mais qui ne renoncerait pas à être une France juste, une France humaine, une France ouverte, une France de nouveau confiante dans son avenir. Nous voulons une France réconciliée avec elle-même et nous savons qu’il ne peut y avoir d’unité nationale là où il n’y aurait pas de justice sociale. Si nous exigeons que se précise dans les intentions et que se concrétise dans les actes une volonté implacable de lutte contre l’insécurité et le terrorisme djihadiste, si nous préconisons le contrôle de nos frontières et la définition de quotas d’immigration, nous ne pensons pas que sur le long terme la seule réponse soit la répression. La solution est dans la croissance et l’éducation. Nous faisons plus confiance aux écoles qu’aux prisons pour restaurer la paix civile et instaurer la concorde entre les citoyens.

Comme le général de Gaulle en 1944 ou en 1958, comme Philippe Seguin en 1992, comme Jean-Pierre Chevènement en 2002, comme Nicolas Dupont-Aignan en 2012, nous ne nous adressons pas exclusivement à on ne sait quel « peuple de droite », pas plus qu’à on sait trop bien quel « peuple de gauche ». Nous ne connaissons, nous ne reconnaîtrons jamais qu’un seul peuple, le peuple français, le peuple tout entier. C’est sur ce peuple que nous nous appuierons, c’est sur ce peuple que nous comptons, sur les républicains des deux rives, sur les patriotes de toutes les obédiences pour ramasser et relever le drapeau tricolore, le drapeau bleu blanc rouge une fois de plus tombé dans la poussière et abandonné à la démagogie du premier charlatan venu.

Nous faisons plus confiance aux écoles qu’aux prisons pour restaurer la paix civile et instaurer la concorde entre les citoyens

Nous pensons que le meilleur cadre pour qu’existe et s’épanouisse la démocratie n’est pas l’Union européenne des technocrates triomphants, mais la nation, soudée, cohérente, réunie, telle que l’ont fondée, fortifiée et légitimée les siècles. Si le souverainisme, c’est la volonté de voir la France à nouveau maîtresse de ses décisions, de ses orientations et de ses destinées, eh bien nous sommes souverainistes et fiers de l’être ! Si le populisme, c’est la reconnaissance du droit inaliénable du peuple à être le juge suprême et l’arbitre ultime par le jeu des élections et du referendum, eh bien nous sommes populistes et fiers de l’être !

Le défi est immense, nos moyens sont plus que limités. Nous sommes, une fois encore, au début d’une longue route, mais nous sommes prêts à nous remettre en marche, et d’abord avec ceux qui, déçus et meurtris, orphelins d’une grande espérance, sont pourtant, aujourd’hui comme hier, résolus à repartir au combat sur des bases clarifiées et assainies. Un exemple récent est venu nous montrer que les plus folles utopies peuvent devenir réalité, faire tomber comme des quilles des partis vermoulus et discrédités, « dégager » les notables faillis les plus sûrs de leur impunité et emporter les citadelles réputées les plus imprenables.

Notre première démarche a consisté en une consultation démocratique des premiers amis et compagnons qui ont renoué des contacts mis à mal par la catastrophe, en vue de déterminer le nom, éventuellement provisoire, sous lequel nous allons faire nos premiers pas. Le nom qui est sorti de ce sondage, à une faible majorité, est celui d’Union nationale citoyenne.

Il sera donc, dans un premier temps, celui d’une association dont la vocation naturelle est vraisemblablement de devenir un mouvement politique à part entière. C’est également sous ce vocable que nous allons créer un site qui répondra à vos demandes, recueillera vos adhésions et vous tiendra informé de nos diverses initiatives.  Nous prévoyons d’ores et déjà à la rentrée, le samedi 16 ou le samedi 23 septembre, une première réunion publique de lancement qui nous permettra de nous rencontrer, de nous définir et, pour beaucoup, de nous retrouver… et d’envisager la suite.

Les premiers signataires (la liste sera tenue à jour quotidiennement)

Jean-Pierre ANTONI, ancien secrétaire général de Debout la France, Anne BOISSEL, Dominique JAMET, François MORVAN, anciens vice-présidents DLF, Eric ANCEAU, Hugues MAILLOT, Laurent PERSONNE,  Laurent HERBLAY, Evelyne THOMAS, anciens délégués nationaux DLF,  Patricia CANTEGREL, Alain GUINOISEAU, Marie Pilar LEMARCHAND-LOSADA, Stéphane LOTH, Philippe SERRE, anciens secrétaires départementaux DLF, Jean-Paul ROBIN, ancien membre du Conseil national DLF, Bernard DUCHAUSSOY, Ludovic DEMATHIEU, Alain KERHERVE (www.gaullisme.fr), Jean-Christophe LEBERT, Eric RAOUL-DUVAL, Collectif LE PRINTEMPS MAUVE.

 

13 commentaires sur Ne pas baisser les bras

  1. chailloleau // 6 juillet 2017 à 10 h 59 min //

    Le principal n’est pas de créer encore un autre parti se réclamant du gaullisme (tous les partis sont gaullistes quand on écoute leurs dirigeants!!)
    Je maintiens que DLF et les propos de Mr Dupont-Aignan ont été aggravés par les medias qui étaient soumis à macron et son mouvement. Maintenant que l’on commence à connaître un peu du programme présidentiel, c’est une catastrophe aussi bien au niveau des libertés (officialisation de la dénonciation à la SNCF???) que de la politique anti-sociale qui va arriver très vite par les Ordonnances. Pour lutter contre ce régime, la France a besoin de rassembler tous les Français de bonne volonté, et cela doit se faire très vite.

  2. Edmond Romano // 5 juillet 2017 à 6 h 10 min //

    Peu importe le passé, construisons l’avenir! Si nous regardons, sans cesse, en arrière nous irons droit dans le mur. Mais l’expérience, me direz-vous? L’expérience est une lanterne allumée que l’on porte dans son dos et qui n’éclaire que le chemin parcouru en aucun cas celui qui reste à parcourir. Cessons les vaines querelles!

  3. christian mazard // 3 juillet 2017 à 21 h 47 min //

    je ne partage pas la première partie de l’analyse.Le bon résultat de NDA est le fruit d’un heureux hasard. Pour un électorat de droite déboussolé par l’affaire Fillon, voter NDA ou Asselineau (moins connu) était un moyen d’éviter l’abstention. Il ne s’agissait en aucun cas de la concretisation d’une ligne politique gaulliste car cette ligne est morte en 2012. Avec mon ami Serge Gaulias, nous avions été les seuls à la défendre mais n’avions pas été suivis par des cadres aveuglés par leur fidelité à NDA et que seul l’électrochoc du 2ème tour de la Présidentielle a fini par réveiller.Si nous avions été soudés en 2012,NDA aurait reculé et nous aurions sauvé le parti.Les résultats des législatives ne sont qu’un juste retour à la réalité pour un parti satellite du FN prisonnier d’une stratégie suicidaire frontiste.

  4. Je respecte votre choix, mais pour beaucoup d’autres militants et responsables DLF, ceci est inacceptable.

  5. GENTY Jean Claude // 30 juin 2017 à 18 h 53 min //

    Union Nationale citoyenne, ça sonne bien! Mais à quoi cela correspond ? un parti, un mouvement? A la lecture de cet appel du 27 Juin, je reste plus que dubitatif.
    En effet, comme je l’avais évoqué directement avec M. Kherervé, je déplore qu’une nouvelle fois, la droite patriote Gaulliste se disperse et perde le peu d’influence qu’elle avait pris grâce à Nicolas Dupont Aignan. S’il est vrai qu’il a commis une véritable faute politique en signant cet accord de gouvernement avec Marine Le Pen, beaucoup d’entre nous ont été trop vite en besogne, lui tournant le dos comme tout bien-pensant gaucho-bobo vis à vis du diable FN. Cette réaction a été pain béni pour toute cette clique « drauche » qui n’en attendait pas tant. Alors, nous voilà ravalés à la portion moins que congrue, réduits au silence et à regarder toujours et encore la destruction de plus en plus rapide de NOTRE France. Allez, que vive l’Union Nationale Citoyenne et qu’on en parle plus. Pour mon compte, c’est et demeure Debout La France !

  6. Alain RAYNAUD // 28 juin 2017 à 10 h 59 min //

    Bonjour
    je vous remercie de votre réponse. Je la transmets au président du parti, Bruno North, et je reviendrais sans doute vers vous pour une rencontre moins virtuelle. Très cordialement
    Alain Raynaud
    mon adresse e.mail af.raynaud@gmail.com

  7. Les signataires de cet appel répondent à cette question sans aucune ambiguïté : « Oui à tout évidemment ! »

  8. Michel Chailloleau // 28 juin 2017 à 9 h 23 min //

    Je continue à penser que c’est un coup monté par les medias pour discréditer Debout la France et Mr Nicolas Dupont Aignan, afin de faire élire Macron et ensuite le REM!!! Depuis le résultat des élections, on n’entend plus parler des scandales concernant Mr Fillon et autres candidats. Mais quand on cherche un peu on trouve une masse de scandales bien étouffés, concernant Macron quand il était ministre des Finances!!! L’assemblée élue par 30% des inscrits (en tenant compte de l’abstention, votes blancs, votes nuls) est elle légale au regard de la constitution?? Et comment peut elle oser dire qu’elle représente tous les Français? Je précise que je n’ai pas changé d’opinion sur les valeurs réelles du gaullisme qui sont déjà mises à mal par le programme soit disant social du gouvernement actuel. Et les lois sociétales sont à vomir. le but est manifestement de détruire notre société et de la remplacer par celle du fric, de la haute finance… Pour en terminer, une petite blague: Macron invite Trump au 14 juillet à Paris. Quel beau rassemblement!!

  9. « C’est sur ce peuple que nous nous appuierons, c’est sur ce peuple que nous comptons »….un peuple qui a préféré une fois de plus se laver les mains de tout devoir électoral en boudant les urnes massivement et en laissant ainsi le champ libre à une minorité en marche !
    Avant de jeter des plans sur la comète d’une mobilisation citoyenne forgée sur le roc d’une adhésion aux devoirs imposés par l’appartenance à une République démocratique, faudrait commencer par le commencement d’une revivification de l’esprit civique !

  10. Je pense que NDA s’est durzblement affaibli voire discrédité par son alliance avec le FN de Marine Le Pen. Le nécessaire et grand rassemblement patriotique et souverainiste ne peut se faire ni concevoir sur une ligne droitière mais en dialogue avec toutes les autres forces d’opposition. Le Gaullisme fut et doit redevenir un progressisme économique et social incompatible avec toutes les analyses néolibérales en vigueur depuis plus de 30 ans. Une rupture avec le monde actuel s’impose, par exemple on ne doit pas s’interdire une sortie unilatérale de l’euro parce que la crise grecque a démontré que l’Allemagne, ses alliés et subordonnés ne tiennent en aucune façon réformer un système qui est si conforme à leurs intérêts.
    De toutes les façons le processus de décomposition puis recomposition n’est pas terminé, nous aurons de alliés inattendus auxquels il faut se préparer à travailler avec comme le Général le fît non seulement à Londres mais aussi pendant toute sa vie politique.

  11. Alain RAYNAUD // 27 juin 2017 à 13 h 03 min //

    Une question me vient à l’esprit, quelles sont les raisons qui empêcherait ce mouvement de se rapprocher du CNIP. Ce parti me semble partager les valeurs que vous défendez.

  12. Je transmets ce commentaire à Eric Anceau

  13. Edmond Romano // 27 juin 2017 à 12 h 30 min //

    Je suis prêt à suivre ce mouvement à condition qu’il soit acté que toute alliance avec un autre Parti politique devra être approuvé par un Congrès National et non par un comité exécutif ou un bureau politique. Que la France ayant adopté l’euro nous ne déciderons pas d’en sortir unilatéralement. Que l’Europe doit être refondée pour être une Union de Nations Souveraines et non plus un bidule supranational en conséquence: plus de Parlement européen et la Commission doit devenir, uniquement, le comité exécutif en charge de faire appliquer les décisions des Chefs d’Etat et de Gouvernement.
    Enfin, que les organes nationaux de ce parti s’engagent à tenir compte des initiatives et des propositions des adhérents. Qui peut me répondre?

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