Européennes : la mise au point de Valéry Giscard d’Estaing

Dans les colonnes du « Parisien », l’ancien chef de l’État estime que l’élection n’est pas destinée à « régler un certain nombre de problèmes ».

Gaullisme.fr n’a pas l’habitude de publier les « pensées » de VGE. Centriste depuis toujours, ce qui est son droit le plus absolu, mis en avant par le général de Gaulle qui en a fait un ministre important de la Ve République, VGE a « tué » le Général en combattant le Chef de l’État lors du référendum du 27 avril 1969. Aucun pardon de ma part…

Mais je considère que son intervention dans les colonnes du Parisien mérite d’être communiquée. A vous, lecteurs de Gaullisme.fr, d’apprécier et de commenter ce qu’il exprime sur les prochaines élections européennes.

Alain Kerhervé

Si ses interventions se font de plus en plus rares, quand il s’agit d’Europe, Valéry Giscard d’Estaing n’hésite pas à prendre la parole. À 93 ans, l’ancien président de la République, militant historique d’une Europe forte, accorde au Parisien un long entretien à l’approche des élections européennes. Avant d’aborder les négociations houleuses du Brexit ou la crise des Gilets jaunes, il s’agit avant tout pour l’ancien président de clarifier la nature du scrutin du 26 mai prochain. Car, selon lui, l’opinion se trompe. « Les médias dépeignent les élections européennes comme un événement politique de nature à régler un certain nombre de problèmes. Ce n’est malheureusement pas le cas, explique-t-il. Si on promet de grands changements que le Parlement européen n’a pas le pouvoir d’accomplir, il y aura une déception. On s’imagine que l’élection au Parlement européen est un acte politique fondateur, alors qu’il s’agit d’un organisme dont le seul pouvoir est d’être associé au processus législatif européen et d’exercer un contrôle politique. »

L’atmosphère hautement politisée entretenue par presque tous, partis et candidats en tête, autour du scrutin semble pour lui ne pas aller dans le bon sens : « Cette élection donne lieu à une agitation inutile ! Il faut être clair : il ne s’agit ni d’un référendum ni d’une élection constituante. J’espère que l’on va revenir à des choses plus normales, sinon il y aura des déceptions. »

« L’Europe doit être le continent de la paix »

Celui qui concède que « le plus grand enjeu collectif, aujourd’hui, c’est l’arrivée d’une population étrangère en Europe, avec les migrations en provenance du continent africain et du Proche-Orient » et insiste sur le renforcement nécessaire des frontières de l’espace Schengen revendique, comme il l’a toujours fait, une Europe confédérale puissante, notamment en termes de fiscalité. « À terme, insiste-t-il, les impôts d’État devraient être les mêmes dans tous les pays membres et il faudrait un calendrier pour aboutir à ce résultat. Ce serait la suite logique de la trajectoire ouverte par le succès de la monnaie commune », dont il fut l’un des fervents défenseurs.

Pas question pour autant d’une armée commune à l’Union européenne, comme l’envisage Emmanuel Macron. « L’Europe doit être le continent de la paix, annonce Valéry Giscard d’Estaing. Elle a été, hélas, le continent de la guerre pour les deux siècles précédents. C’est une erreur de vouloir en faire aujourd’hui le continent d’une autre guerre. Il faut éviter de donner à l’Europe une silhouette guerrière. Si l’on parle de guerre, on est inévitablement conduit à parler de guerre nucléaire. Or, dans la confédération européenne, une fois la Grande-Bretagne partie, la France est le seul pays à posséder un armement nucléaire, et n’est pas disposée à le partager. L’idée d’une armée européenne, de type classique, n’est pas réaliste. » S’il soutient la candidature de l’Allemagne au Conseil de sécurité de l’ONU, pas question de partager le siège de la France en le transformant en siège européen.

« L’article 50, c’est moi qui l’ai rédigé »

Interrogé, comme chaque interviewé depuis bientôt six mois, sur la crise des Gilets jaunes, l’ancien président de la République relativise. Pour lui, il s’agit là d’une crise interne qui « traduit une insatisfaction, qui existe, qu’on ne doit pas traiter par le mépris ». Il poursuit : « Les Gilets jaunes ont le sentiment d’être victimes d’une injustice individuelle qu’ils voudraient voir corrigée. Cela ne peut se faire que dans le cadre d’un remaniement très large de la dépense publique. »

Quant à l’interminable sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne, Giscard est loin d’être surpris. « Les Anglais n’ont jamais vraiment fait partie de l’Europe, relativise-t-il. Ils veulent vivre indépendamment de l’UE, ça a toujours été comme cela. » « D’ailleurs, l’article 50, c’est moi qui l’ai rédigé », poursuit-il en évoquant l’article qui permet à un pays de sortir de l’UE. Parce qu’à l’époque, au début des années 2000, il y a eu une campagne de la presse américaine disant que l’UE était une prison : qu’on pouvait y entrer, mais pas en sortir. Je me suis dit qu’il fallait, en effet, prévoir une possibilité de sortie dans des conditions légales, diplomatiques. D’où l’article 50 que j’ai rédigé de ma main. »

13 commentaires sur Européennes : la mise au point de Valéry Giscard d’Estaing

  1. Pour mieux montrer que les détracteurs du Général corrigent leur vision d’alors…

  2. Pourquoi parle t’on de ce monsieur que les gaullistes ont combattus !

  3. Pas le glas . Soyez Reine et Souveraine , Marie que l’on prie à genoux ou debout , de coeurs d’enfants ou burinés plus tard , de Mère Enfant et hors les murs aussi , Marie Mère et de trois branches ou enfants proches et de religions proches malgré tout ou aussi , Espérer hors les murs aussi , mémoire de journées d’Assise , Espérance simplement d’Orient aussi

  4. Liberté , sur nos cahiers d’écoliers , comme des ponts de Cée , du mot nation qui n’ est ni crachat ni morsure , Sagesse d’une vieille nation . « C’ est quelque chose de très particulier , la France »

  5. Ce soir débat bla bla hybride ‚ en représentants de partis ‚ de politique intérieure et de scrutin européen . C’est l’ossature de droit qui manque ä l’Europe , un changement profond d’ architecture , une politique aussi jusqu’à l’ouverture à l’Est et qui passent de base par le respect , de nations en nations . Politique Etrangére entre Nations . Et puis il y a l’ Orient aussi , et l’ injustice en l’état récent des choses ou des risques de choix outranciers de murs ou de durcissements . France Nation . Non la France n’est pas la cinquante et unième étoile de quelque drapeau américain , cela dit en tout respect et sans violence et respect jusqu’en Palestine aussi . Espérer les pieds sur terre aussi

  6. Jean-Dominique Gladieu // 9 avril 2019 à 9 h 56 min //

    Je voudrais revenir sur le commentaire de Jacques Payen que je partage tout à fait.
    D’un point de vue symbolique, il est important qu’à ces élections européennes, ce soit une liste anti-UE (compte tenu de la configuration actuelle de l’UE) qui arrive en tête. Sinon, quels que soient le taux de participation et le score global des différentes listes Souverainistes ou proches du Souverainisme, les euroïnomanes feront cocorico.
    A partir de là, je voterai le 26 mai pour la liste anti-UE qui me semble avoir le plus de chances d’arriver en tête … même si j’aurais préféré que ça soit une autre !

  7. Je crois avoir été très clair. mais quand VGE parle d’Europe « confédérale », il faut le souligner.

  8. Je m’étonne de ce relais de la pensée Giscardienne ici. Alors qu’il n’apporte rien de nouveau. Pas même un repenti d’avoir participé à la création d’une Europe orientée vers le fédéralisme et qui n’est pas celle qu’aurait voulu le général de Gaulle et dont on voit un peu plus chaque année les imperfections pour ne pas dire les inconvénients.

  9. Suite au « poisson » / quant à la France , ces élections ne sont que des législatives européennes et non un référendum ni des élections pour quelque assemblée constituante il est vrai même si s’agite à l’échelle européenne quelque variation en régime de partis . Le vote du non de 2005 méritait non un rejet de toute Europe mais de nouvelles bases en traité . De ce non la France avait droit et devoir de proposer une autre Europe . C’est ainsi , et même du non de 2005 il ne faut pas en ces élections européennes jouer non plus en cabris . Il n’est de ces débats qu’illusions ou préparatifs de partis aux présidentielles …. La France absente en somme

  10. « Pas question pour autant d’une armée commune à l’Union européenne, comme l’envisage Emmanuel Macron. « L’Europe doit être le continent de la paix, annonce Valéry Giscard d’Estaing. Elle a été, hélas, le continent de la guerre pour les deux siècles précédents. C’est une erreur de vouloir en faire aujourd’hui le continent d’une autre guerre. Il faut éviter de donner à l’Europe une silhouette guerrière. Si l’on parle de guerre, on est inévitablement conduit à parler de guerre nucléaire. Or, dans la confédération européenne, une fois la Grande-Bretagne partie, la France est le seul pays à posséder un armement nucléaire, et n’est pas disposée à le partager. L’idée d’une armée européenne, de type classique, n’est pas réaliste. » S’il soutient la candidature de l’Allemagne au Conseil de sécurité de l’ONU, pas question de partager le siège de la France en le transformant en siège européen. » Si tu veux la Paix prépare la guerre…VGE semble avoir oublié ses classiques et son argumentation n’est pas à la hauteur des enjeux d’une Europe de la Défense !!

  11. Il est par dessus les systèmes ‚ les dites raisons argumentées ‚ les sciences ou langues ou traités , les religions en justifications ou heurts , les blocs ou empires ‚ la vanité et les postures ‚ les pierres de construcions ou murs ‚ la seule aventure et simples chemins Espérer hors les murs aussi de multiples chemins

  12. VGE a raison : c’est une élection pour rien un pseudo-parlement sans aucun pouvoir. Et d’ailleurs si les médias essaient de tromper l’opinion qui, elle, ne se trompe pas en accordant peu d’importance à ce vote. Elle s’apprête à une abstention record bien justifiée.
    Giscard comme toutes les élites « françaises » est fédéraliste européen alors que l’Allemagne est le pays souverainiste de l’UE depuis le 30 juin 2009 et la prise de position de son Tribunal constitutionnel de Karlsruhe.
    L’UE, continent de la paix ? Elle qui a agressé la Yougoslavie il y a 20 ans par 78 jours de bombardements aériens, un pays francophile. Comme Macron qui agresse la GB pour vouloir sortir de l’UE alors que c’est le seul pays avec lequel nous avons un réel excédent commercial.

  13. Jacques Payen // 6 avril 2019 à 17 h 44 min //

    Giscard n’a pas tort sur un point.
    Factuellement, l’Assemblée européenne ne dispose pas des prérogatives complètes d’un Parlement apte à voter les lois. C’est une assemblée croupion.

    Mais Giscard sous-estime la symbolique et la portée politique du vote du 26 mai !

    Macron, lui, non !
    Qui a bien compris qu’il peut, à cette occasion relancer son mandat (et, au passage, en finir avec les Gilets jaunes) si son parti LRM obtient le plus grand nombre de suffrages.

    Raison majeure et suffisante pour déjouer son objectif, et tout faire pour que son parti ne soit pas placé en tête.

    Car dans une élection, seul compte le rapport de force.

    Souvenons-nous de celui, cuisant et dramatique, de 1992, lors de la victoire du oui au référendum sur Maastricht. Ceux qui s’opposaient à l’abdication désastreuse de notre souveraineté, (derrière Séguin, Pasqua, de Villiers et Chevènement) se sont inclinés sans contester, alors que la différence de voix n’étaient que de 400.000 sur 26 millions de votants ! Alors qu’on dénombrait 11 millions d’abstentions et un million de votes blancs et nuls !
    Et alors que le oui ne représentait que…34 % des inscrits !!!! 34% !

    Un scrutin est un rapport de force. Avec une seule voix d’avance le 26 mai en faveur de LRM, Macron pourra triompher et se remettre en selle ! C’est ce que veulent les gaullistes ?

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