le début de la fin pour Angela Merkel

Angela Merkel : fin de règne ?

Est-ce le début de la fin pour Angela Merkel, chancelière fédérale d’Allemagne depuis bientôt 13 ans ? C’est la question que se posent beaucoup de commentateurs de la politique allemande après l’éviction de son homme de confiance Volker Kauder de la tête du groupe parlementaire CDU/CSU. Ce nouveau coup dur vient s’ajouter aux multiples crises politiques qui secouent la coalition au pouvoir depuis mars 2018.

Perte d’autorité sur le groupe CDU/CSU

« Angela Merkel ne peut plus faire comme si rien ne s’était passé« , titre la presse allemande cette semaine, reprise par BFMTV. « Alors que les députés conservateurs de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et de son allié bavarois (CSU) viennent d’élire Ralph Brinkhaus à la tête du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag« , rien ne va plus pour la chancelière, estime le média. Après ce vote inattendu, « les députés de l’opposition ont évoqué une ‘rébellion’ contre Angela Merkel« . En effet, c’est un « inconnu du grand public, député CDU« , qui va remplacer Volker Kauder, « en poste depuis 13 ans, et très proche de la chancelière Merkel« .

Pour Les Echos, « c’est un nouveau coup dur pour Angela Merkel« . Depuis le début de son quatrième mandat en mars 2018, elle se retrouve « fragilisée par sa coalition gouvernementale qui ne cesse de menacer d’imploser« . Avec l’éviction de son homme de confiance, « la chancelière allemande ne peut désormais plus compter non plus sur l’appui inconditionnel de son propre groupe politique au Bundestag« . Son remplaçant, « expert fiscaliste, était jusqu’ici numéro deux du bloc conservateur à la chambre basse du Parlement« .

« Il n’y a rien à enjoliver« , a concédé Mme Merkel, considérant qu’il s’agissait d’un « moment de démocratie dont font partie les défaites« . Pour le journal belge, « ce camouflet intervient juste après une deuxième crise gouvernementale en seulement quelques mois, déjà symptomatique de l’affaiblissement de la chancelière« . « Au début de l’été« , rappelle le quotidien, « elle avait dû affronter les foudres de son ministre de l’Intérieur, le très conservateur Horst Seehofer, grand contempteur de sa politique de relative ouverture aux migrants« .

Au-delà de la chute de Volker Kauder, le choix de M. Brinkhaus est tout sauf anodin. Au printemps dernier, celui-ci « avait notamment pris position contre les propositions sur la relance de l’Europe du chef de l’État Emmanuel Macron, contre l’avis de la chancelière« , rappelle Le Figaro. « Il avait tenté d’emmener les parlementaires CDU/CSU avec lui pour forcer la main » d’Angela Merkel. Si à l’époque celle-ci « avait réussi à éteindre l’incendie avant qu’il ne se déclare« , de nouvelles frondes sont à prévoir dans un avenir proche, maintenant que Ralph Brinkhaus est à la tête du groupe parlementaire.

Ambiance de fin de règne

Pour justifier sa candidature, M. Brinkhaus avait usé « des termes qui ne laissaient aucun doute sur sa volonté d’incarner une forme d’autonomie » vis-à-vis de la chancelière, relate Le Monde. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’action, il faut une forme de sursaut vis-à-vis de l’extérieur ainsi qu’à la base du parti« , avait-il expliqué à ses collègues. Pour le quotidien, cette « profession de foi sonnait comme une critique en règle de Mme Merkel et de M. Kauder« . En effet, ces derniers sont régulièrement « accusés de gérer le groupe et le parti avec la volonté d’y étouffer les débats et les contradictions« .

« Pour ma part, je crois que le temps est venu pour elle d’annoncer à quel moment elle compte mettre un terme à son mandat de chancelière. Elle doit faire cette annonce au cours du mois qui arrive » : explique Nils Diederich, professeur de Sciences politiques à l’université libre de Berlin. Selon son analyse publiée par Euronews, Angela Merkel « ne se présentera pas aux prochaines élections« . Or son départ prématuré permettrait « au parti au pouvoir de ne pas attendre les prochaines élections pour annoncer un successeur, mais de le faire avant« .

La version francophone du média allemand Deutsche Welle propose un tour d’horizon de la presse allemande : pour la Frankfurter Rundschau, « si Ralph Brinkhaus a bien battu l’homme de confiance de Merkel », c’est « aussi parce que son programme, critique, peut être décrit en une phrase : ‘cela ne peut pas continuer comme ça’« . Et selon le quotidien conservateur Die Welt, « cette défaite est un échec personnel de la chancelière » : M. Kauder « est probablement la dernière victime avant le grand sacrifice politique de la chancelière. […] Angela Merkel est à sa fin« .

1 commentaire sur le début de la fin pour Angela Merkel

  1. La question de « l’immortalité » des responsables politiques est-elle en soi une question dans les pays qui se veulent démocratiques ? Mobiliser les compétences ou autres richesses vives d’un pays au travers d’un contrôle plus rigoureux du rapport « signal » sur « bruit » des hommes et des femmes politiques conduirait peut-être à reconnaître et à garder celles et ceux qui ont un réel talent dans la gouvernance des affaires de l’Etat et à « éjecter » précocement tous les bonimenteurs qui conduisent un pays dans une impasse politique ,économique, sociale ou bien encore culturelle.

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